Hier jeudi 19 Février 2026, le Bénin commémore les 36 ans de la conférence nationale des forces vives de la nation de 1990. Cette rencontre de 10 jours avait accouché, grâce aux travaux acharnés et emprunts de patriotisme des participants, la constitution du 11 décembre 1990. 36 ans après la rencontre historique de l’hôtel PLM Alédjo de Cotonou, le Bénin assiste impuissant à la mort de sa démocratie acquise à coût de lourds sacrifices. En 36 ans, la constitution béninoise a été révisée deux fois. Deux révisions intervenues dans l’intervalle de 7 ans et ce, sous le même régime : la rupture.
En 10 de la rupture, les réformes politiques du régime dit de la rupture ont démembré totalement les fondamentaux de la démocratie adoptée comme système politique de gestion des affaires publiques au Bénin.
Cette opération de démembrement a démarré par la démolition du lieu historique de la conférence à savoir, l’hôtel PLM Alédjo qui a cessé d’exister. Des lois votées sans tenir compte ni de l’esprit, ni de l’âme de la rencontre qui a mobilisé toutes les catégories socio professionnels et politiques du pays, ont vite fait de transformer le Bénin démocratique pacifié depuis 1990 en une République où les citoyens ont peur de parler, de s’exprimer, d’agir, d’entreprendre et surtout de faire de la politique en dehors du camp présidentiel. La politique est devenue un champ d’exclusion des voix discordantes et où les élections jugées démocratiques s’organisent entre partis ayant en partage la même vision politique et surtout le même mentor. De plus en plus, les béninois perdent confiance en leurs dirigeants qu’ils n’élisent pratiquement plus à cause des lois qui, avec ruse et la rage, les rendent pratiquement inutiles dans les processus électoraux depuis 2016.
Certificat de conformité, quitus fiscal, parrainage, seuil de 20%, exigence d’autorisation avant l’organisation d’activités politiques, réduction à grande vitesse du nombre de partis politiques synonyme du retour progressif au parti unique, la liste des mesures anti démocratiques prises légalement sous le régime de la rupture est très longue.
Au finish, en 10 ans, la Bénin aurait reculé de plusieurs pas en matière de démocratie et risque pire si le prochain président de la République ne change pas d’option de gouvernance politique pour redonner espoir à ses concitoyens.
Du lundi 19 au 28 Ferrier 1990, les béninois ont écrit une belle et historique page de leur pays qu’ils, pour rien au monde, ne doivent jamais laisser être noircie. En 2026, la Conférence Nationale des Forces Vives de la Nation devrait être réorganisée pour remettre à l’endroit tout ce qui devrait l’être pour un Bénin encore plus démocratique que celui entre 1990 et 2016.
Norbert Adjakoun