Depuis l’arrestation de Hugues Comlan Sossoukpè le 10 juillet 2025 à Abidjan alors qu’il a été officiellement invité par le ministère ivoirien de la Transition numérique et de la Digitalisation pour prendre part à la 1ère édition de l’Ivoire Tech Forum, prévue du 09 au 11 juillet 2025, au Sofitel Hôtel Ivoire-Abidjan, les autorités ivoiriennes ont gardé pendant deux semaines le silence . Le porte-parole du gouvernement ivoirien, Amadou Coulibaly s’est enfin prononcé sur l’arrestation à Abidjan du journaliste béninois Hugues Comlan Sossoukpè et son extradition à Cotonou.
Interrogé par l’AFP, le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement ivoirien s’est exprimé sur ce dossier sensible qui défraie la chronique depuis quelques jours. Il a donné sa version des faits sur ce que les défenseurs de droits humains qualifient de « kidnapping » du journalise Hugues Comlan Sossoukpè. Dans ses propos, il a d’abord confirmé son arrestation, affirmant que l’État ivoirien ignorait le statut de réfugié de l’activiste au moment de son interpellation. Selon lui, les autorités ont simplement exécuté un mandat d’arrêt international, en vertu des accords de coopération judiciaire entre la Côte d’Ivoire et le Bénin. « Les autorités ignoraient son statut de réfugié politique », argumente Amadou Coulibaly.
Si Abidjan reconnaît avoir procédé à son interpellation et extradition vers le Bénin, il a démenti toute interpellation illégale. « Aucune action illégale n’a été entreprise. Nous avons simplement exécuté un mandat au nom de la coopération judiciaire avec le Bénin », a déclaré le ministre ivoirien. Par rapport à la présence du web activiste béninois en Côte d’Ivoire, le ministre de la Communication Amadou Coulibaly a souligné que le ministère de la Transition numérique avait « invité une cinquantaine de journalistes sur la base de leurs compétences ». Mais il n’a pas certifié que le journaliste béninois figurait formellement parmi les invités, comme l’ont pourtant affirmé ses avocats
Rappelons que Hugues Comlan Sossoukpè est poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation, notamment incitation à la rébellion, harcèlement électronique, et apologie du terrorisme, par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). Il faut préciser que depuis son interpellation et son extradition de la Cote d’Ivoire au Bénin, le journaliste Sossoukpè est détenu à la prison civile de Ouidah.