Le dernier rapport du Internal Displacement Monitoring Centre (Centre de surveillance des déplacements internes) montre un basculement inédit de la crise humanitaire mondiale. En 2025, les conflits armés et violences ont provoqué davantage de déplacements internes que les catastrophes naturelles.
Selon le rapport mondial publié mardi à Genève par l’IDMC, les guerres et violences ont entraîné 32,2 millions de nouveaux déplacements internes en 2025, contre 29,9 millions provoqués par des catastrophes naturelles. Il s’agit de la première fois depuis le lancement de ces statistiques en 1998 que les conflits dépassent les catastrophes comme principale cause de déplacements internes.
L’organisation, créée par le Norwegian Refugee Council (Conseil norvégien pour les réfugiés), précise que 82,2 millions de personnes vivaient déplacées à l’intérieur de leur propre pays à la fin de 2025. Ce chiffre reste proche du record historique de 83,5 millions enregistré en 2024 et représente plus du double des 38,9 millions recensés il y a dix ans.
L’Iran et la RDC parmi les foyers majeurs
Selon le rapport 2026 du Internal Displacement Monitoring Centre, près des deux tiers des déplacements liés aux conflits ont été enregistrés en Iran et en République démocratique du Congo.
L’Iran aurait connu à lui seul près de 10 millions de déplacements internes, principalement autour de Téhéran. La République démocratique du Congo a, quant à elle, enregistré environ 9,7 millions de nouveaux déplacements internes liés aux conflits et violences durant l’année 2025.
Le Soudan demeure toutefois le pays comptant le plus grand nombre de déplacés internes, devant la Colombie, la Syrie, le Yémen et l’Afghanistan. Pour la troisième année consécutive, le pays compte plus de 9 millions de déplacés internes à la fin de 2025.
Les catastrophes climatiques restent néanmoins une menace majeure. Les Philippines ont enregistré 10,7 millions de déplacements liés aux tempêtes et inondations, devant la Chine et le Pakistan. L’IDMC souligne également une hausse inquiétante des déplacements causés par les incendies de forêt.
Le secrétaire général du NRC, Jan Egeland, évoque un « effondrement mondial » de la protection des civils face à la multiplication simultanée des conflits armés et des crises climatiques.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU