À Nairobi, en marge de la dernière journée du sommet Africa Forward Summit, le président français Emmanuel Macron a accordé un entretien conjoint à RFI, France 24 et TV5 Monde. Il y a détaillé sa vision d’un nouveau partenariat avec l’Afrique, fondé sur l’égalité et la coopération.
Nairobi, capitale de la Kenya, a accueilli les 11 et 12 mai 2026 le sommet Africa Forward, centré sur les questions de financement du développement, de sécurité et de souveraineté économique du continent. À l’issue des travaux, Emmanuel Macron s’est exprimé dans un entretien de près de quarante minutes, revenant sur neuf années de politique africaine depuis son discours de Ouagadougou en 2017.
Le président français a réaffirmé sa volonté de « réinventer » la relation franco-africaine, estimant qu’elle doit désormais reposer sur une logique d’« égal à égal ». Il s’agit d’un partenariat dans lequel la France et l’Afrique doivent co-décider et co-investir. Le président Macron a d’ailleurs annoncé dès le début du sommet un investissement privé de 23 milliards d’euros dont 9 milliards d’euros mobilisé par les investisseurs africains. Pour lui, l’Afrique n’a pas besoin d’aide budgétaire mais d’investissement.
Dans son entretien, le président français mise sur la jeunesse africaine dynamique, jeune et motivée contrairement aux autres continents, pour redynamiser le continent sur tous les plans de développement. Il a également déclaré être « hyper fier de son bilan », tout en assumant les controverses liées à la présence française sur le continent et au recul militaire, notamment au Sahel.
Cette évolution s’inscrit dans un contexte de redéfinition stratégique, marqué par la fin de l’opération Barkhane et le retrait progressif des bases françaises dans plusieurs pays ouest-africains notamment les pays de l’AES, le Sénégal et le Tchad. Pour Emmanuel Macron, il s’agit d’un passage d’une logique de présence militaire directe à un partenariat de sécurité plus coopératif.
Sécurité, diplomatie et concurrence des influences
Le président Macron s’est prononcé sur plusieurs sujets relatifs à la sécurité, l’immigration, l’éducation, la paix et l’économie. Interrogé sur les tensions sécuritaires au Mali, en RDC ou au Soudan, le chef de l’État a plaidé pour le respect dialogue et la coordination internationale plutôt que les sanctions économiques. Il a également alerté sur l’influence croissante de certaines puissances, notamment la Russie, qu’il accuse de nourrir des récits anti-français en Afrique.
Enfin, Emmanuel Macron a insisté sur l’importance d’associer l’Afrique aux grandes décisions mondiales, notamment au G7, estimant que le continent doit devenir un acteur central des équilibres internationaux. Il a appelé à l’ouverture sans condition et sans péage du détroit d’Ormuz qui provoque qui touche le continent africain notamment en termes de pénuries du pétrole et d’engrais sur le continent africain.
Dans ce repositionnement diplomatique, Paris affirme vouloir écrire une nouvelle page de ses relations avec l’Afrique, loin des logiques anciennes de domination.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU