Le siège du Conseil National des Organisations d’Artistes (CNOA) a accueilli , jeudi dernier, d’une épiphanie chorégraphique. Entre tradition immémoriale et fulgurances contemporaines, le spectacle «Iya Alatchè» a transcendé la simple performance pour offrir un plaidoyer de chair et de feu en faveur de la femme, pilier éternel de l’humanité.
Le Bénin culturel s’était donné rendez-vous. Professeurs d’université, éminents sachants, des têtes couronnées, garants de la Tradition, artistes de renom et fervents amateurs de l’esthétique du mouvement ont communié autour d’une œuvre attendue : Iya Alatchè. Sous le regard attentif des dignitaires du secteur, la scène est devenue le creuset d’une réflexion nécessaire sur la place de la figure féminine dans nos sociétés en mutation.
Sous la supervision magistrale du Maître à danser Coffi Adolphe Alladé, les danseurs ont littéralement prêté leurs corps aux forces telluriques. L’eau, la terre, l’air et le feu ne servaient pas de simple décor ; ils habitaient les interprètes pour narrer l’ascension de la femme.*
La mise en scène de Duzard Fandohan, précise et habitée, a su donner vie à la vision originelle de Marcel Zounon. Ce dernier, architecte du projet, ne s’est pas contenté de chorégraphier des pas ; il a tracé une trajectoire historique et spirituelle. «Iya Alatchè n’est pas qu’un spectacle, c’est un retour à l’ontologie de l’être. C’est le rappel que le monde a commencé par le ventre de la femme et que son pouvoir, loin d’être une mode passagère, est une essence antique.».
En replaçant la femme au centre de l’univers, Iya Alatchè s’impose comme une œuvre nécessaire, un miroir tendu à une société qui oublie parfois ses racines pour mieux se perdre dans les branches. Par la grâce du geste et la puissance du symbole, Marcel Zounon et son équipe ont prouvé que la culture reste l’arme la plus affûtée pour réveiller les consciences.Le spectacle s’achève, mais l’écho des percussions et la silhouette majestueuse de la femme-source continuent de hanter les esprits. Iya Alatchè est née, et avec elle, un souffle nouveau pour la scène béninoise. Vous êtes désormais les voix et les chemins par lesquels le monde découvrira «Iya Alatchè». N’hésitez pas à vendre ce spectacle, sa diffusion est une tâche qui incombe à nous tous.
DEDEGNONHOU Rodéric
