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Gestion de la menstruation : Une épreuve douloureuses pour les femmes sportives

Chaque mois, les athlètes féminines composent avec la réalité de la période menstruelle, un phénomène naturel mais parfois contraignant dans la pratique sportive. Douleurs, fatigue et baisse d’énergie peuvent influencer leurs performances, les amenant à adapter leur préparation avec l’appui de leur encadrement technique.

Gestion de la  menstruation :  Une épreuve douloureuses pour les femmes sportives

« Physiquement, c’est plus difficile les deux premiers jours et je sens une baisse d’énergie sur le terrain ». Comme de nombreuses sportives, Ashis Fleurette Joris, joueuse de l’équipe AS Bashon de Savalou, doit composer chaque mois avec les effets de ses menstruations. Douleurs, fatigue et inconfort s’invitent parfois dans son quotidien d’athlète, sans pour autant diminuer sa détermination à poursuivre les entraînements.

Un phénomène qui est resté en coulisse ou, du moins, peu abordé dans le sport féminin. Or, derrière les performances, les séances d’entraînement et les compétitions, les femmes athlètes doivent également faire face aux exigences de leur cycle menstruel. Si certaines parviennent à maintenir leur niveau habituel, d’autres voient leurs performances temporairement affectées selon les différentes phases de leur cycle.

En effet, consciente de cette réalité, BAH Amandine, entraîneure de l’équipe féminine de l’AS Bashon de Savalou, club évoluant en première division du championnat féminin béninois, en fait un sujet de préparation dès le début de chaque saison. « Avant même le début de chaque saison, je prends soin d’aborder le sujet avec les joueuses afin de les préparer à mieux vivre cette période », témoigne-t-elle.

Pour la technicienne, les menstruations ne doivent pas être perçues comme un obstacle à la pratique sportive. « Les menstrues chez la femme athlète ne doivent pas être un handicap », affirme-t-elle. Selon elle, le premier travail consiste à sensibiliser les joueuses afin qu’elles comprennent les réactions de leur corps et évitent d’abandonner systématiquement les entraînements durant cette période. 

Toutefois, au-delà de l’aspect physique, l’entraîneure reconnaît l’existence d’un facteur psychologique non négligeable. Certaines sportives, malgré les séances de sensibilisation, gardent une appréhension liée à la peur de se salir ou à l’inconfort que peuvent provoquer les menstruations, ce qui peut parfois affecter leur engagement lors des séances d’entraînement.

 Des effets variables selon les athlètes....

 Concrètement, les menstruations affectent différemment les performances sportives selon les individus. Douleurs abdominales, fatigue, baisse d’énergie ou encore contraintes psychologiques influencent parfois le rendement sur le terrain. Les témoignages recueillis auprès de certaines joueuses révèlent des expériences diverses, allant d’un simple inconfort à de véritables difficultés à suivre l’intensité des entraînements.

Ashis Fleurette Joris en sait quelque chose. La jeune joueuse de l’AS Bashon confie ressentir des douleurs au ventre et au dos dès les premiers jours de ses règles. « Lorsque les douleurs deviennent trop importantes, je réduis l’intensité des exercices et je privilégie davantage le travail technique. J’explique au coach que j’ai ce souci et j’adapte les activités trop intenses », explique-t-elle.

Même constat chez Nathalie Faton. Pour elle, la période menstruelle s’accompagne surtout d’une fatigue plus rapide lors des activités sportives. « Je me fatigue vite sur le terrain », confie-t-elle.Ces témoignages traduisent une réalité contrastée : certaines athlètes parviennent à maintenir leur rythme habituel, tandis que d’autres voient leurs capacités physiques temporairement diminuées durant les premiers jours de leur cycle menstruel.

Par ailleurs, ces constats rejoignent les observations de la coach BAH Amandine. Selon elle, les effets des menstruations varient d’une athlète à une autre. « Chez certaines filles, à la veille de leurs règles, elles sont à 200 % à l’entraînement. Chez d’autres, c’est tout le contraire à cause des douleurs abdominales », explique-t-elle.

L’entraîneure évoque également plusieurs symptômes fréquemment observés chez les joueuses : douleurs abdominales, nausées, sensation de malaise ou encore gonflement du corps. Autant de manifestations qui peuvent temporairement affecter le rendement sportif et nécessiter une adaptation de la charge de travail.

 Stratégies d’adaptation et gestion au quotidien

Face à cela, les sportives développent diverses stratégies pour maintenir leurs performances tout en préservant leur bien-être. La première réponse apportée par la sélectionneure du club de la cité des Mahi reste la sensibilisation. La coach explique qu’elle encourage ses joueuses à poursuivre les entraînements malgré les menstruations, tout en restant attentives aux signaux envoyés par leur organisme.

L’objectif est de leur permettre de mieux comprendre leur corps et d’éviter que cette période ne devienne systématiquement synonyme d’arrêt des activités sportives. L’encadrante met également l’accent sur une alimentation adaptée durant cette période. BAH Amandine affirme sensibiliser ses joueuses à limiter la consommation excessive de sucre ainsi que celle des boissons glacées. Elle insiste également sur l’importance d’une bonne hydratation.

 Du côté des joueuses, plusieurs méthodes sont adoptées pour mieux supporter cette période : adaptation des séances d’entraînement, recours à des traitements traditionnels ou encore gestion individuelle de la douleur.

Nathalie Faton, joueuse du club Ainonvi, dit surveiller particulièrement son alimentation durant ses menstruations. « Je contrôle ce que je mange et j’évite surtout les aliments sucrés », explique-t-elle. Pour soulager les douleurs, elle a recours à des traitements traditionnels qu’elle juge efficaces pour mieux vivre cette période et retrouver un certain confort physique.

De son côté, Ashis Fleurette Joris mise surtout sur l’adaptation de ses séances et la communication avec son entraîneur afin de continuer à s’entraîner sans aggraver son état.

Un cas vécu… !

Au-delà des douleurs et des contraintes qu’elles imposent, les menstruations demeurent incontournables, car elles font partie intégrante du quotidien des athlètes. Et les situations imprévues ne manquent pas. La coach BAH Amandine se souvient notamment d’une joueuse surprise par l’arrivée de ses menstrues quelques minutes avant un match. « Elle est venue me demander si j’avais une serviette hygiénique. J’ai dû rapidement lui en faire chercher une avant le début de la rencontre », raconte-t-elle.

Certes, on en parle peu, mais les menstruations dans le sport s’imposent aujourd’hui comme une composante à part entière de la préparation des femmes sportives. Entre adaptation des entraînements, sensibilisation et meilleure connaissance du corps, elles démontrent qu’il est possible de concilier cycle menstruel et performance. Un défi discret, mais bien réel, qui mérite désormais toute l’attention des acteurs du sport féminin.

 Alola BIAOU

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