Libéré après 455 jours de détention, l’opposant tchadien Succès Masra veut désormais tourner la page de l’affrontement. Son appel au dialogue avec le président Mahamat Idriss Déby intervient après une grâce présidentielle qui pourrait ouvrir une nouvelle séquence politique au Tchad.
Le président des Transformateurs a retrouvé la liberté dans la nuit du vendredi 14 au samedi 15 août, après avoir bénéficié d’une grâce accordée par le chef de l’État. Condamné en août 2025 à 20 ans de prison, notamment pour diffusion de messages à caractère haineux et xénophobe et complicité de meurtre, sa condamnation avait été confirmée par la Cour suprême en mai 2026.
Devant plusieurs centaines de militants réunis au siège de son parti à N’Djamena, Succès Masra a choisi le ton de l’apaisement. « Nous avons besoin de pardon, d’unité et de paix », a-t-il déclaré, appelant à construire « un Tchad réconcilié ». Il s’est également dit prêt à travailler avec le pouvoir dès le lendemain : « Ma conviction, c’est de travailler ensemble. Nous sommes disponibles dès demain matin. »
La décision de Mahamat Idriss Déby concerne également huit autres responsables politiques. Elle intervient alors que le pouvoir tchadien cherche à consolider la stabilité politique après une période marquée par de fortes tensions entre le régime et son principal opposant. Pour Succès Masra, la question est désormais de savoir si sa libération permettra réellement l’ouverture d’un dialogue politique durable entre le pouvoir et l’opposition.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU