Incarcéré depuis le 25 avril 2021 à la prison, le Professeur de Droit constitutionnel Joël Aïvo célèbre ce 18 juillet 2026 son 53ᵉ anniversaire. C’est dans ce cadre que l’ancien Djenontin-agossou Valentin a eu une pieuse pensée à l’endroit de ce dernier en lui rendant un hommage émouvant. Tout en déplorant l’absence de ce dernier comme une perte pour le Bénin notamment pour l’université et la jeunesse béninoise , Valentin Djènontin a déclaré que « ceux qui bâtissent leur puissance sur la haine, le cynisme ou l’injustice découvriront un jour que toute œuvre humaine est soumise au jugement de Dieu et de l’histoire » et qu’ « à l’inverse, ceux qui persévèrent dans la vérité, la dignité et l’espérance finissent toujours par trouver leur récompense ». Pour lui, « il y a un temps pour toute chose sous les cieux ». Lire l’intégralité de son message
Une liberté que les barreaux ne peuvent emprisonner
JOYEUX ANNIVERSAIRE, PROFESSEUR JOËL AÏVO.
Le 15 avril 2021, vous étiez arrêté sur le pont Djonou, à Godomey, alors que vous rentriez de l’Université d’Abomey-Calavi, où vous accomplissiez votre vocation la plus noble : transmettre le savoir à la jeunesse béninoise.
Considéré comme l’un des principaux candidats à l’élection présidentielle d’avril 2021, votre candidature fut rejetée.
Quelques mois plus tard, dans la nuit du 6 au 7 décembre 2021, vous étiez condamné à dix années de réclusion criminelle par la CRIET. Depuis ce jour, vous êtes séparé de votre famille, de vos proches, de vos étudiants et de tous ceux qui reconnaissent en vous un universitaire, un intellectuel et un homme engagé pour son pays.
Au-delà de votre personne, cette absence est une perte pour le Bénin. C’est l’université qui est privée de l’un de ses enseignants. C’est la jeunesse qui est privée d’une source d’inspiration. C’est l’intelligentsia béninoise qui voit l’une de ses voix réduite au silence. Et c’est toute la Nation qui s’interroge sur le prix de la liberté, de la pluralité politique et de l’État de droit.
Le contraste est douloureux. Le Bénin, longtemps présenté comme le laboratoire de la démocratie en Afrique à la suite de la Conférence nationale de février 1990, ne devrait jamais cesser d’être une terre où les divergences d’opinion s’expriment dans le respect des libertés fondamentales et de la compétition politique loyale.
En ce 18 juillet 2026, alors que vous célébrez votre 53ᵉ anniversaire derrière les barreaux, je tiens à vous exprimer ma profonde proximité fraternelle et spirituelle.
Gardez courage. Gardez la foi. Gardez l’espérance.
Comme Réckya Madougou et toutes les personnes privées de liberté pour des raisons que beaucoup estiment liées au contexte politique, continuez de croire que Dieu demeure le Maître des temps et des circonstances. L’Écriture nous rappelle qu’« il y a un temps pour toute chose sous les cieux ». Aucun hiver n’est éternel ; après la nuit vient toujours l’aurore.
Ceux qui bâtissent leur puissance sur la haine, le cynisme ou l’injustice découvriront un jour que toute œuvre humaine est soumise au jugement de Dieu et de l’histoire. À l’inverse, ceux qui persévèrent dans la vérité, la dignité et l’espérance finissent toujours par trouver leur récompense.
Les murs d’une prison peuvent retenir un corps, mais ils ne peuvent enchaîner une conscience droite, ni emprisonner les convictions fondées sur la justice. Votre liberté intérieure demeure plus forte que les barreaux qui vous entourent.
Ma prière est qu’un miracle de Dieu ouvre bientôt le chemin de votre libération, non seulement pour la joie de votre famille et de vos proches, mais aussi comme un signe de réconciliation, d’apaisement et de cohésion nationale.
Puisse le Bénin retrouver pleinement le chemin du dialogue, de la confiance et de la fraternité, afin que tous ses fils et toutes ses filles puissent contribuer librement à son développement ?
Joyeux anniversaire, Professeur Joël Aïvo.
Que le Seigneur vous fortifie, vous protège et fasse lever, en son temps, le jour de votre liberté.
Djenontin-agossou Valentin ,
Ancien Ministre ,
Ancien Député élu .