Installé à la tête du pays, le président Romuald Wadagni met progressivement en place son équipe dirigeante. Au fil des jours, les nominations se succèdent au sein des institutions de la République et des structures de l’administration. Du côté de la jeunesse, cette dynamique suscite une vague de frustrations.
Pour de nombreux jeunes militants, les postes les plus stratégiques continuent d’être confiés aux mêmes personnalités qui ont déjà occupé d’importantes responsabilités durant les dix années du régime de Patrice Talon. Ces « cadors », forts de leur influence, bénéficient une nouvelle fois de la confiance du président de la République et des responsables des partis politiques, au détriment d’une nouvelle génération qui espérait enfin voir ses efforts récompensés. Cette situation soulève une interrogation. Quelle est véritablement la place des jeunes dans les partis politiques ?
Pendant les campagnes électorales, ce sont eux qui sillonnent les quartiers et les villages, organisent les meetings, assurent la communication sur les réseaux sociaux et portent le message des candidats auprès des populations. Lorsqu’il faut mettre en place les organes des partis, leur présence est également fortement sollicitée afin de démontrer le dynamisme des formations politiques. Mais une fois les élections passées et les responsabilités à distribuer, ils sont relégués au second plan. Pour une partie de la jeunesse, cette répétition des mêmes profils laisse voir que les efforts consentis pendant les périodes électorales ne servent qu’à assurer les victoires des aînés.
Il y a une évidence. Cette frustration pourrait avoir des conséquences importantes sur la vie des partis. Un militant qui ne perçoit aucune possibilité de progression finit par perdre sa motivation. Les partis politiques gagneraient à instaurer une véritable politique de promotion des jeunes, fondée sur les compétences, les résultats et l’engagement. Les responsabilités doivent progressivement être partagées afin de permettre un transfert de compétences entre les générations.
Mohamed Yèkini