Le football africain déçoit de plus en plus ces inconditionnels. Depuis 1930, année de la première édition de la coupe du monde de football, aucun pays africain n’a pu enlever le trophée malgré les talents dont regorgent les équipes nationales. En 96 ans de pratique, 41 pays sur 54 dont le Bénin n’ont jamais discuté la coupe du monde. En 2026, les dix équipes africaines participantes ont presque toutes rendu leurs supporteurs malades en brisant leur espoir et celui de leur pays respectif. Sur 10 formations, seulement le Maroc a pu se qualifier pour les quarts de final. Les autres ont été éliminés tragiquement à une exception près.
C’est à croire que le ballon n’est pas rond pour les équipes africaines au mondial 2026. Le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Cap-Vert, La République Démocratique du Congo (RDC), l’Algérie, la Tunisie, l’Égypt., le Ghana, l’Afrique du Sud et le Maroc sont les 10 pays africains participants au mondial de 2026. Tous éliminés. Chacune des équipes s’est armée aux frais du contribuable pour cette compétition qui malheureusement a révélé la version puante du sérieux africain dans le sport roi à travers les prestations offertes au monde entier. Parfois rassurants dans leurs jeux, les ambassadeurs africains surtout noirs courbent l’échine dans les derniers instants des derbies laissant l’adversaire prendre le dessus au point de renverser totalement et de façon inespérée le jeu pour s’offrir, sur un plateau d’or, la victoire. Les exemples sont légion et les déceptions sont aussi lourdes les unes après les autres.
Face à la Norvège, les éléphants de la Côte d’Ivoire avait en main leur qualification en 8ème de finale avant d’être renvoyés à Abidjan à la 86ème minute du jeu par un score de 2 buts à 1. Portant, la Côté d’Ivoire est une grande équipe de football reconnue comme telle ayant des compatriotes comme Nicolas Pépé, Sébastien Halier, Franck Kassilé, Evan Ndicka et le tristement célèbre du mondial ivoirien Simon Adingra, comme atouts. Le Sénégal fait sans doute partie des plus gros pécheurs du mondial 2026. Les lions de la Téranga filaient droit vers la 8ème de finale en menant la Belgique par un score de 2 buts à zéro. Seulement, les poulains de Pape Thiaw n’ont pas pu conserver cet avantage qu’ils ont perdu dès la 86ème minute où Lukaku réduit le score avant que Youri n’égalise 3 minutes plus tard. En prolongation la Belgique marque le troisième but éliminant le Sénégal, Le même scénario s’est produit lors du match Algérie Vs Égypt. L’Afrique du Sud éliminé par le Canada, la RDC sortie du mondial par l’Angleterre et le Cap-Vert par l’Argentine. Tous les pays africains à l’exception du Cap-Vert, éliminés de cette compétition l’ont été de la plus humiliante des manières. De grandes désillusions vendues aux africains par leurs équipes respectives. Des ambassadeurs sur qui, certains ont misé leur économie et pour qui l’État a investi gros pour avoir des résultats autres que la débâcle offerte.
A ce mondial, tout porte vraiment à croire que le ballon n’est par rond pour les équipes africaines. Et pourtant, nombreuses sont les gloires du football à l’échelle internationale qui ont fait partie des effectifs des pays qui ont le plus déçu au cours de cette compétition. Sadio Mané, Ismïla Sarr, Kalidou Koulibaly, Edouard Mendy du Sénégal, Mohamed Salah, Omar Marmoush, Mahamoud Hassan de l’Égypt, ainsi que Nicolas Pépé, Sébastien Halier, Franck Kassilé, Evan Ndicka de la Côte d’Ivoire n’ont pu faire révéler positivement leur équipe respective malgré l’espoir placé en eux.
Pourquoi la débâcle malgré la présence africaine dans le football mondial ?
Parmi les 48 pays participants au mondial 2026, aucun effectif ne manque de joueurs africains à la peau noire qui ne chausse de crampons. Toutes les équipes comptent des noirs dans leur effectif et n’hésitent pas à les aligner. Ces joueurs ont certes chacun la nationalité des pays qui les comptent dans leur effectif, mais l’évidence est qu’ils restent noirs de peau et africains d’origine. Autrement dit, l’Afrique a adopté le football et les africains adorent le cuir rond. Mieux, dans les Clubs internationalement reconnus, milliers sont les africains qui jouent et brillent par leurs talents. D’autres sont devenus incontournables dans leurs Clubs respectifs et sont sollicités à prix d’or. Mohamed Salah, Sadio Mané, Nicolas Pépé, Kylian Mbapé, Vinicius Junior, Kalidou Koulibaly pour ne citer que ceux-là font parler d’eux dans le football mondial sans que l’Afrique ne puisse en tirer véritablement profit. Les africains sont présents dans le secteur du football au niveau mondial mais ne parviennent malheureusement pas à s’organiser pour quitter l’étape de l’individualisme pour le national en remportant le sacre mondial devenu pratiquement une citadelle imprenable pour le continent. L’Afrique brille dans les Clubs mais s’éteint simplement dans l’équipe nationale qui devrait pourtant être, dans un patriotisme avéré, la cause la mieux défendue par les joueurs convoqués pour chaque match sous le drapeau national.
En équipes nationales, les joueurs africains manquent de précieux ingrédients pour faire triompher leur football. Pendant que tout le monde les croit détenir leur victoire, après de très belles prestations, ils abdiquent à la dernière minute laissant filer l’occasion d’inscrire positivement leur nom dans l’anal mondial du cuir rond.
Manque de coordination et de concentration sur le terrain, de cohésion dans le jeu, parfois de l’engagement et de précision, avec une prime excessive d’égoïsme et de la recherche de la gloire personnelle qui enraillent la victoire collective. A tout ceci, s’ajoutent l’inconstance dans le jeu et l’agitation des sélectionneurs inexpérimentés qui opèrent des changements sous l’effet des émotions et des pressions externes. Si non, tous les joueurs même s’ils sont convoqués doivent-ils obligatoirement jouer le mondial ? Pourquoi opérer des remplacements si l’effectif sur l’ère de jeu tient le match et file vers la victoire ?
Aussi faut-il souligner, les États africains, pour la plupart, prennent au sérieux le football devenu une grande industrie mondiale, sans y faire de sérieux investissement. En Afrique, le football est encore confronté après 96 ans de mondial, au manque d’infrastructures sportives et d’équipements dignes du nom, au manque d’écoles de football appropriées, d’encadrement et d’accompagnement conséquents pour les joueurs qui préfèrent servir d’autres Clubs et même d’autres Nations en changeant de nationalité. Il faut aussi noter l’amateurisme dans la conduite des équipes et le favoritisme qui tuent les talents. Tout ceci donne encore raison à l’historien Yvan Gastaut qui soutient que « l’Afrique est une zone blanche sur la carte du mondial ».
Au total, la coupe du monde édition 2026 a montré à la face du monde les nombreuses incohérences dans le football des pays africains qui doivent se réorganiser sur tous les plans pour le développement de cette filière qui emploie, motive, fait épanouir ses inconditionnels et fait briller les nations à l’international sans oublier les retombées économiques qu’elle génère.


Hossam Hassan, head coach of Egypt during the 2025 Africa Cup of Nations Qualifiers match between Botswana and Egypt at Obed Itani Chilume Stadium in Francistown, Botswana on 10 September 2024 ©BackpagePix
