La mise en place annoncée du Sénat dans le cadre de la réforme constitutionnelle adoptée en novembre 2025 continue d’alimenter les débats au Bénin, notamment sur la désignation de son futur président
Alors que l’institution s’apprête progressivement à prendre forme, les spéculations vont bon train sur l’identité de celui qui pourrait en assurer la direction. En effet, invité ce dimanche 3 mai 2026 de l’émission Bip Radio, le professeur Théodore Holo, ancien président de la Cour constitutionnelle, a appelé à la prudence face aux interprétations hâtives. Selon lui, il est encore prématuré de désigner un « président idéal » du Sénat, le processus n’étant pas encore officiellement engagé.
« Je ne connais pas encore le président idéal, parce que le vote n’est pas ouvert, les candidatures ne sont pas encore ouvertes. Je ne peux pas me permettre de faire campagne alors que le processus n’a même pas commencé », a-t-il indiqué, tout en rappelant que les règles et profils potentiels restent encadrés par le texte constitutionnel.
Ensuite, interrogé sur les rumeurs évoquant la possible implication du président Patrice Talon dans cette future instance, l’universitaire a préféré rester mesuré : « Je ne sais absolument pas si le président Patrice Talon sera candidat ou pas. Je ne fais pas de spéculations », a-t-il souligné.
Pourtant, cette hypothèse n’est pas totalement écartée du débat public. À la suite de l’élection présidentielle du 12 avril dernier, le chef de l’État avait lui-même évoqué son avenir institutionnel, affirmant sa volonté de respecter les dispositions de la Constitution révisée. « Notre Constitution prévoit désormais que tous les anciens présidents, tous les anciens présidents de l’Assemblée nationale et tous les présidents de la Cour constitutionnelle siègent dans un conseil des sages ; je ne veux pas me dérober à cela », avait-il déclaré, après le vote à Cotonou.
Une chambre des sages en préparation
Par ailleurs, le futur Sénat, tel qu’annoncé, prendra la forme d’une chambre composée de personnalités expérimentées de la vie politique et institutionnelle du Bénin. Plusieurs figures sont déjà citées pour y siéger, parmi lesquelles Nicéphore Soglo, Boni Yayi, Patrice Talon, Bruno Amoussou, Adrien Houngbédji, Idji Kolawolé, Mathurin Nago, Louis Vlavonou, Robert Dossou, Théodore Holo et Elisabeth Pognon.
Présentée comme une « chambre de sagesse, de conseil, d’apaisement et de conciliation », cette institution aura pour rôle de contribuer à la stabilité politique et au dialogue au sein de l’État.
En attendant la mise en place effective de cette nouvelle architecture institutionnelle, le flou persiste donc autour de la présidence du Sénat, une fonction encore en construction et déjà au cœur de nombreuses attentions politiques.
Esdras A . BIAOU