Le président Lai Ching-te s’est rendu en Afrique malgré les pressions de Pékin. Cette visite illustre la rivalité croissante entre la Chine et Taïwan sur la scène internationale.
Le président de Taïwan, Lai Ching-te, a effectué une visite surprise en Eswatini, défiant ouvertement les pressions de Chine. À son arrivée, il a affirmé que « Taïwan a le droit de s’engager avec le monde », rejetant toute tentative d’isolement diplomatique.
Ce déplacement intervient dans un contexte particulièrement tendu. Initialement prévu en avril 2026, le voyage avait dû être annulé après que plusieurs pays de l’océan Indien — notamment les Seychelles, Maurice et Madagascar — ont refusé le survol de leur espace aérien à l’avion présidentiel. Taipei accuse Pékin d’avoir exercé des pressions politiques et économiques pour bloquer cette visite, une accusation que la Chine rejette.
Malgré ces obstacles, Lai Ching-te a finalement réussi à rejoindre l’Eswatini grâce à une opération discrète, illustrant la volonté de Taïwan de maintenir ses relations internationales. Ce royaume africain est aujourd’hui le seul allié diplomatique de Taïwan sur le continent, et l’un des seulement douze États dans le monde à reconnaître officiellement Taipei.
Lai Ching-te a rencontré le roi Mswati III à l’occasion du 40ᵉ anniversaire de son accession au trône. L’Eswatini reste aujourd’hui le seul pays africain à reconnaître officiellement Taïwan, alors que la majorité des États ont établi des relations avec Pékin.
La Chine maintient sa position
La réaction de Pékin a été immédiate et virulente. Les autorités chinoises ont dénoncé une « provocation » et ont même qualifié le président taïwanais de « rat », signe de la montée des tensions verbales entre les deux camps. Cette visite met en lumière une rivalité géopolitique persistante.
D’un côté, la Chine défend le principe d’« une seule Chine », selon lequel Taïwan est une province appelée à être réunifiée. De l’autre, Taïwan se présente comme un État autonome, doté de son propre gouvernement, de son armée et d’institutions démocratiques, et revendique le droit d’entretenir des relations avec le reste du monde.
Au-delà de l’incident diplomatique, cette visite révèle une stratégie plus large de Pékin visant à isoler Taïwan sur la scène mondiale, notamment en Afrique où l’influence économique chinoise est considérable.
Pour Taïwan, chaque déplacement officiel devient ainsi un acte politique majeur. La visite en Eswatini apparaît comme un symbole de résistance face à la pression chinoise. Malgré son isolement, Taipei entend continuer à exister sur la scène internationale.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU