L’ONU, l’UE et la Banque mondiale chiffrent à 71 milliards de dollars le coût de la reconstruction de Gaza d’ici 2036. Sans arrêt des combats ni accès humanitaire, préviennent-elles, le redressement est impossible.
Il faudra 71,4 milliards de dollars – plus de 60 milliards d’euros – sur dix ans pour relever Gaza, selon le rapport publié le 20 avril par l’ONU, l’Union européenne et la Banque mondiale. L’urgence est immédiate. Dès les 18 premiers mois (octobre 2027), 26,3 milliards de dollars seront nécessaires pour rétablir l’eau, l’électricité et les services vitaux.
Depuis le 7 octobre 2023, près de 372 000 logements ont été détruits ou endommagés et plus de 50 % des hôpitaux sont hors service. La quasi-totalité des écoles est touchée. L’économie s’est contractée de 85 % et le taux d’emploi a chuté à 9,3 %. Près de trois quarts des actifs ont perdu leur travail.
Les gouvernorats de Gaza et du Nord sont les plus ravagés. Le logement exige à lui seul 16,2 milliards de dollars. Environ 1,9 million de personnes ont été déplacées, souvent plusieurs fois, et 60 % de la population a perdu son toit. La reconstruction du secteur agricole et du système alimentaire coûtera 10,5 milliards de dollars, celle de la santé 10 milliards de dollars, le commerce et l’industrie 9 milliards de dollars.
Le rapport martèle une condition : « un cessez-le-feu durable et une sécurité adéquate » sont des minima pour relancer les services essentiels – santé, eau, assainissement. Sans accès humanitaire sans entrave, la bande de Gaza ne peut se redresser. Payer pour reconstruire sans garantie de paix, c’est risquer de voir les grues suivre les bombes.
À 71 milliards de dollars, la facture dépasse 15 fois le PIB d’avant-guerre. Reste à trouver les fonds et la volonté politique.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU