Après la présentation du projet de société du duo Wadagni-Talata au Palais des Congrès de Cotonou, la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (CSTB) exprime une profonde déception. Son secrétaire général, Kassa Mampo, déplore l’absence de réponses concrètes aux préoccupations des travailleurs et redoute une continuité de la précarité sociale.
Le samedi 21 mars 2026, le duo Wadagni-Talata a officiellement présenté son projet de société pour la période 2026-2033 au Palais des Congrès de Cotonou. Un rendez-vous politique majeur, attendu par de nombreux acteurs sociaux, notamment les organisations syndicales. Mais du côté de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (CSTB), le constat est sans appel : la centrale syndicale est restée « sur sa soif ».
En effet, dans une déclaration en date du 24 mars 2026, signée par son secrétaire général Kassa Mampo, la CSTB exprime son insatisfaction face au contenu du programme présenté. Selon lui, les attentes des travailleurs, tant du secteur public que du privé, n’ont pas trouvé de réponses claires. La question cruciale de l’amélioration des conditions de vie et de travail, au cœur des revendications syndicales, est restée en marge du discours politique.
Parmi les points de crispation évoqués, la CSTB dénonce le silence du duo sur la restriction des libertés démocratiques, notamment syndicales. Kassa Mampo s’interroge sur le maintien de mesures limitant le droit de grève et interdisant les manifestations de travailleurs, telles que les meetings, sit-in ou marches. Une situation que la centrale juge préoccupante dans un contexte où ces libertés sont considérées comme fondamentales dans de nombreuses démocraties. Plus encore, la CSTB pointe du doigt l’interdiction de certaines commémorations, notamment celle du 1er mai, fête internationale du travail pourtant reconnue comme journée chômée et payée au Bénin. Pour les travailleurs, cette restriction est perçue comme une atteinte symbolique et pratique à leurs droits d’expression et de mobilisation.
Sur le plan économique et social, la centrale syndicale regrette également l’absence d’engagements concernant la création d’emplois durables. Elle évoque la destruction de milliers d’emplois consécutive à la fermeture de plusieurs entreprises et aux licenciements enregistrés ces dernières années. À cela s’ajoute la précarité persistante de nombreuses catégories de travailleurs, notamment les agents contractuels, les agents sous financement communautaire de la santé ou encore les dockers.
L’autre point d’inquiétude est le silence du programme sur les textes et lois jugés « anti-travailleurs » adoptés sous le régime du président Patrice Talon. Pour la CSTB, ces réformes constituent la base juridique des difficultés actuelles rencontrées par les travailleurs et méritaient d’être revisitées dans une perspective de justice sociale.
Au final, Kassa Mampo estime que ce projet de société ne porte pas les signes d’un changement significatif en faveur des travailleurs. Au contraire, il y voit « la continuité de la misère » et appelle à une mobilisation accrue des travailleurs autour de leurs revendications.
Dans un contexte préélectoral où les attentes sociales sont fortes, cette prise de position de la CSTB vient relancer le débat sur la place des travailleurs dans les priorités politiques nationales.
Gildas AHOGNI