La réforme institutionnelle engagée au Bénin avec l’adoption de la nouvelle Constitution continue de changer le paysage politique. Parmi les innovations majeures introduites par le texte fondamental figure la création du Sénat, appelé à devenir la chambre haute du Parlement béninois. Pourtant, plusieurs mois après l’entrée en vigueur de cette disposition, cette nouvelle institution tarde toujours à voir le jour.
Depuis le 15 novembre 2025, date du vote de la nouvelle Constitution, le principe de l’instauration du Sénat est acquis. Cette institution est censée compléter l’institution parlementaire en apportant une nouvelle dynamique au contrôle de l’action publique. Dans les actes, rien n’est encore officiellement visible. Ni calendrier précis, ni installation effective, alors même que le pays est entré dans une nouvelle étape avec l’arrivée au pouvoir du président de la République, Romuald Wadagni. Cette situation suscite des interrogations. L’absence de communication officielle sur les dates alimente les débats.
Toutefois, des signaux laissent penser que le dossier évolue progressivement. Selon plusieurs médias locaux, une enveloppe de plusieurs centaines de millions de francs Cfa aurait été inscrite dans le prochain budget national afin de permettre l’installation du Sénat et son fonctionnement. En réalité, le retard observé n’est pas être lié à un manque de profils pour composer cette nouvelle chambre. La majeure partie des personnalités appelées à y siéger est déjà connue. Il ne manque donc que l’officialisation du processus pour que le Sénat puisse effectivement prendre place dans l’édifice institutionnel béninois.
Arrivé à la tête du pays, le nouveau président de la République Romuald Wadagni est attendu sur ce chantier qui constitue l’un des symboles de la nouvelle Constitution. L’installation du Sénat reste et demeure un signal fort de continuité de l’État et de respect des engagements institutionnels pris devant la Nation. Plus le temps passe, plus les attentes grandissent et plus les citoyens s’interrogent sur le calendrier réel de son opérationnalisation.
Mohamed Yèkini