Les 12 et 13 juin 2026, l’Hôtel Amazone de Bohicon a servi de cadre à une importante session de formation consacrée à la date limite d’utilisation (DLU) des dispositifs médicaux stériles dans les établissements de santé. Organisée par l’Association Béninoise de Stérilisation Hospitalière (ABSH), cette rencontre a mobilisé une quarantaine de professionnels de santé venus de plusieurs formations sanitaires du Centre et du Nord du Bénin.
Cette initiative s’inscrit dans la dynamique nationale de renforcement de la qualité des soins, de prévention des infections associées aux soins et de promotion de la sécurité des patients. Elle visait à permettre aux participants de mieux comprendre les principes scientifiques et réglementaires qui encadrent la détermination et le respect de la date limite d’utilisation des dispositifs médicaux stériles.
La cérémonie d’ouverture a été ponctuée par plusieurs interventions.
Dans son allocution de bienvenue, la Présidente de l’ABSH, Madame Koladé Josiane Adjagba, a rappelé que la maîtrise du retraitement des dispositifs médicaux réutilisables constitue un maillon essentiel de la qualité des soins. Elle a insisté sur la nécessité pour les professionnels impliqués dans le retraitement des dispositifs médicaux de maintenir un niveau élevé de compétences afin de répondre aux exigences croissantes de sécurité sanitaire.
Intervenant au nom du partenaire de l’activité, Monsieur Edison Agbayahoun a salué la pertinence du thème retenu et réaffirmé l’engagement des partenaires à accompagner les initiatives visant l’amélioration continue des pratiques hospitalières.
Pour sa part, Monsieur Luc ALAO, Secrétaire Général de l’ABSH, a exhorté les participants à faire preuve d’assiduité et d’ouverture d’esprit afin de tirer pleinement profit des enseignements qui leur seraient dispensés durant les deux jours de formation.
Après la présentation des participants, les travaux ont été conduits par la formatrice, Madame Koladé Josiane Adjagba, experte en stérilisation hospitalière, autour de trois modules majeurs.
La première communication qui a porté sur ́les enjeux de la DLU des DM stériles a permis de rappeler que la stérilité d’un dispositif médical n’est jamais acquise de manière permanente. Elle dépend de plusieurs facteurs liés aux conditions de stérilisation, de conditionnement, de stockage, de transport et de manipulation.
Les participants ont été sensibilisés aux risques associés à l’utilisation de dispositifs dont l’intégrité de l’emballage est compromise ou dont les conditions de conservation ne garantissent plus le maintien de la stérilité. La formatrice a souligné que le respect de la DLU contribue directement à la prévention des infections associées aux soins, à la réduction des complications postopératoires et au renforcement de la confiance des patients dans les services de santé.
Elle a également mis en évidence les implications médico-légales et organisationnelles d’une mauvaise gestion des dispositifs médicaux stériles au sein des établissements de santé.
Le deuxième module, intitulé « Détermination de la date limite d’utilisation des dispositifs médicaux stériles dans les établissements de santé » a porté sur les critères scientifiques et organisationnels permettant de définir une date limite d’utilisation adaptée aux réalités des établissements de santé.
Les échanges ont permis d’aborder plusieurs paramètres déterminants, notamment :
– la nature du matériau d’emballage utilisé ;
– la qualité du procédé de stérilisation ;
– les conditions environnementales de stockage ;
– le niveau d’humidité et de température des locaux ;
– la fréquence des manipulations ;
– l’organisation du circuit des dispositifs médicaux stériles.
La formatrice a insisté sur l’importance de l’évaluation des risques dans la fixation de la DLU et sur la nécessité de disposer de procédures écrites et harmonisées conformes aux bonnes pratiques internationales.
Un exercice pratique de calcul de la date limite d’utilisation des dispositifs médicaux stériles a également été réalisé au cours de la formation. Basé sur les paramètres de deux établissements de santé, il a révélé que la durée de conservation des dispositifs stériles ne pouvait dépasser deux semaines dans les conditions actuellement observées. Une conclusion qui met en évidence l’importance du respect des normes de stockage et de conservation pour garantir la sécurité des patients.
Le troisième module « Bonnes pratiques de manipulation et de conservation des dispositifs médicaux stériles » a été consacré aux mesures pratiques permettant de préserver l’état stérile des dispositifs jusqu’à leur utilisation.
Les participants ont été entretenus sur :
– les conditions optimales de stockage ;
– les règles d’hygiène lors des manipulations ;
– la surveillance de l’intégrité des emballages ;
– les modalités de transport interne des dispositifs stériles ;
– les méthodes de traçabilité ;
– les procédures de contrôle et d’inspection régulières.
L’accent a été mis sur la responsabilité de chaque acteur impliqué dans la chaîne de stérilisation afin d’éviter toute rupture de stérilité susceptible de compromettre la sécurité du patient.
Les différentes communications ont donné lieu à des débats particulièrement nourris. Les participants ont partagé les réalités observées dans leurs structures respectives, exposé les difficultés rencontrées sur le terrain et proposé des pistes d’amélioration.
Cette dynamique participative a permis de confronter les pratiques existantes aux recommandations techniques présentées et de renforcer l’appropriation des outils et méthodes proposés.
À l’issue des communications, les participants ont été soumis à une évaluation des connaissances acquises au cours de la formation. Cet exercice a permis de mesurer leur niveau de compréhension des concepts abordés et leur capacité à les appliquer dans leurs pratiques professionnelle
Les travaux ont pris fin par une cérémonie de remise d’attestations de participation, marquant ainsi la reconnaissance des efforts consentis par les apprenants durant les deux jours de formation.
Au terme de la rencontre, les participants ont exprimé leur satisfaction quant à la qualité des enseignements reçus et à la pertinence des échanges. Ils se sont engagés à mettre en œuvre dans leurs établissements respectifs les bonnes pratiques apprises afin de renforcer la sécurité des soins, améliorer la gestion des dispositifs médicaux stériles et contribuer à la prévention des infections associées aux soins.
À travers cette initiative, l’Association Béninoise de Stérilisation Hospitalière réaffirme sa volonté d’accompagner les établissements de santé dans le renforcement continu des compétences de leurs professionnels et dans la promotion d’une culture de qualité et de sécurité au bénéfice des patients.


Mesmin AFANOU