Le président de transition malgache, le colonel Michael Randrianirina, a dissous l’ensemble du gouvernement et limogé le Premier ministre. Cette décision intervient dans un contexte de fortes tensions politiques et de pressions croissantes de mouvements citoyens.
Le président de transition de Madagascar, le colonel Michael Randrianirina, a annoncé lundi la dissolution complète du gouvernement, mettant fin aux fonctions du Premier ministre et de l’ensemble du cabinet. L’annonce a été faite par le porte-parole du gouvernement, précisant que l’exécutif cesse immédiatement ses activités et qu’un nouveau chef du gouvernement sera nommé conformément aux dispositions de la Constitution.
Aucune explication officielle n’a été fournie pour justifier cette décision. En attendant la nomination d’un nouveau Premier ministre et la formation d’une nouvelle équipe gouvernementale, les secrétaires généraux des ministères assureront la gestion des affaires courantes.
Cette décision intervient dans un contexte politique déjà fragile. Le colonel Michael Randrianirina dirige Madagascar depuis octobre dernier, après la fuite de l’ancien président Andry Rajoelina à la suite d’un vaste mouvement de contestation populaire.
Les manifestations, largement portées par la jeunesse, avaient débuté en septembre pour dénoncer les pénuries persistantes d’eau et d’électricité ainsi que les difficultés économiques du pays. La répression menée par les forces de sécurité avait fait plusieurs morts et de nombreux blessés, alimentant davantage la colère populaire.
Depuis son arrivée au pouvoir, les critiques se multiplient contre la transition politique. Plusieurs mouvements citoyens, notamment les groupes Gen Z et Gen Y, accusent le gouvernement d’un manque de transparence et d’inclusivité dans la gestion du pouvoir.
Ces mouvements affirment également que la nomination du précédent Premier ministre, intervenue en octobre, s’est faite sans consultation ni processus clair. Dans ce climat de pression politique et sociale, la dissolution du gouvernement pourrait marquer une tentative de réorganisation du pouvoir au sein de la transition.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU