Le football béninois est malade et a besoin d’être assisté. Depuis 96 ans, le Bénin n’a jamais participé à une coupe du monde de football. En 69 ans, le Onze national béninois n’a pu jouer que 5 des 35 éditions de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN). Sur les 5 éditions jouées, les Écureuils du Bénin devenus Guépards n’ont jamais franchi l’étape des quarts de finale de la coupe d’Afrique et il faillait attendre la 32ème édition pour jouer une seule fois les quarts de finale. Pourtant, l’équipe s’investit chaque année à livrer des matches amicaux, à s’entrainer, à coup de dizaines de millions de francs CFA, pour bien discuter les grandes compétitions continentales et mondiales. Des matches amicaux qui, malheureusement humilient le Bénin à cause des contres performances.
Le mardi 14 octobre 2025, le Onze National jouait sa qualification à la coupe du monde de 2026 face au Nigéria. Tous les béninois espéraient cette fois leurs Guépards participer pour la première fois depuis 1930 à la coupe du monde. Seulement, l’équipe Nationale du Bénin, pire qu’une défaite face au Super Eagles du Nigéria, s’est faite humiliée en se faisant battre par un score fleuve de 4 buts à zéro. Le 09 Juin dernier, Les Guépards ont une fois encore déçu leurs fans en se faisant écraser par le Togo sur un score humiliant de 5 buts à 1 au cours d’un match amical. Les quelques rares rencontres gagnées par cette équipe l’ont été presque toujours sur des scores étriqués. Au bilan, les Guépards du Bénin ont en 2026 marqué 2 buts mais en ont encaissé 6 au cours des matches livrés.
A la tête des Guépards du Bénin depuis février 2023, le technicien Franco-Allemand Gernot Rohr âgé de 72 ans a déjà raté plusieurs grandes compétitions internationales notamment la Can 2026 et le mondial 2026. Vieillissante, l’équipe nationale du Bénin accumule des contres performances qui desservent le pays malgré les investissements.
En octobre 2024, des jeunes joueurs béninois ont été envoyés au Brésil dans le cadre du projet « Olé Brésil » pour revenir renforcer l’équipe. Mais depuis, nombreux de ces jeunes sont revenus au pays après leur formation pour ne plus jouer. Ils étaient environ 40 jeunes bons pour défendre les couleurs du Bénin sur le rectangle vert mais oubliés par le système dans les rues pendant que le Onze National vieillissant sombre avec ses lots d’humiliation au quotidien.
A qui la faute ?
Le poison, dit-on, pourrit toujours par la tête. Depuis des décennies, le football n’a visiblement et nullement fait partie des priorités de l’État béninois qui manque de politique sérieuse et d’ambitions courageuses pour cette discipline qui fait pourtant la fierté de plusieurs nations dans le monde. Plus qu’un sport de divertissement, le football est aujourd’hui une industrie qui contribue au rayonnement et au développement des pays qui en prenne conscience et qui s’en occupent réellement.
Sans plan et stratégie de développement du football, sans accompagnement conséquent, sans motivation digne du nom et sans rigueur objective, le sport roi ne peut être compétitif ni sur le marché africain et encore moins sur le plan mondial. Tel qu’il s’organise aujourd’hui, le football béninois navigue dans l’amateurisme. Il ne bénéficie de ses acteurs une attention approximative qui déçoit au fil des matches, les inconditionnels du cuir rond. A tout ceci s’ajoute le peu de sérieux des joueurs qui se contente de leur piteuse performance personnelle sans aucune ambition de briller dans de grands Clubs sérieux à l’international. Si non, combien de joueurs béninois évoluent et s’illustrent dans des clubs comme le Réal de Madrid, FC Barcelone, Arsenal, Manchester United, Liverpool, Bayern Munich, Manchester City, Paris Saint Germain (PSG), Marseille, Olympic Lionnais, Atletico de Madric, Al Ahly, Zamalek, TP Mazembe etc. ?
Si dans toute l’équipe nationale, aucun joueur n’évolue dans aucun de ces sérieux Clubs à l’international, c’est très aisé de comprendre combien le sérieux, l’engagement, l’ambition et le talent manquent dans le travail des joueurs qu’entraine le Franco-Allemand Gernot Rohr. Il y a des joueurs qui veulent faire 30 ans de carrière dans l’équipe nationale alors même qu’ils n’ont plus rien dans les jambes et dans les pieds pour offrir au public du beau football et mieux encore honorer leur pays sur la scène internationale. Tout le monde le sait mais personne n’en parle, personne ne veut rien en changer et personne n’ose faire quoique ce soit pour renouveler malgré le besoin, l’équipe afin de lui donner de l’oxygène.
De toute évidence, le football béninois est malade, Agonisant, il a besoin d’être assisté par de vrais acteurs, de vrais passionnés du sport roi et surtout pratiqué par de vrais et bons talents ambitieux et engagés. Les jours à venir, le président nouvellement élu et investi, Romuald Wadagni devrait ordonner et soutenir l’organisation des états généraux du football béninois pour redéfinir de nouvelles bases, de nouvelles stratégies et orientations au profit de cette discipline qui se meurent sous le poids des contres performances occasionnées par l’amateurisme et le peu de sérieux de ses acteurs.