Le jeudi 6 août 2026 est désormais une date à retenir dans l’histoire politique du Bénin. Il marque l’avènement du Sénat, nouvelle Chambre du Parlement béninois, mais aussi l’élection de l’ancien président de la République, Patrice Talon, à la présidence de cette institution. Une installation qui suscite déjà des réactions, notamment du côté du parti Les Démocrates.
Cette nouvelle configuration ne laisse pas indifférents les responsables de l’opposition. En effet, intervenant sur RFI ce samedi 8 août 2026, Habibou Woroucoubou, ancien député et secrétaire à la Mobilisation des ressources des Démocrates, a clairement affiché les réserves de son parti vis-à-vis de cette nouvelle institution. « Il a été installé malgré nous », a-t-il déclaré, en évoquant le Sénat. Pour autant, le responsable des Démocrates reconnaît que cette institution est désormais une réalité dans le dispositif institutionnel béninois. « Malgré nous, cette institution a été instituée et cela fait, aujourd’hui, office de loi. Seulement, nous avons des vœux », explique-t-i
Ces « vœux » concernent notamment le rôle que pourrait jouer le Sénat dans la vie politique nationale. Pour Habibou Woroucoubou, la nouvelle Chambre peut encore être utile si elle parvient à jouer un rôle objectif dans le règlement des difficultés politiques du pays. « Si cette institution peut encore être objective pour régler les problèmes politiques que nous avons, je crois que cette institution fera œuvre utile », estime-t-il.
Mais derrière cette réaction, c’est surtout la question du pluralisme politique qui revient. Le responsable des Démocrates dénonce ce qu’il considère comme une forte concentration politique au sein des institutions. « Nous n’avons qu’une seule chapelle politique à l’Assemblée nationale. Toutes les institutions démocratiques sont monocolores », a-t-il affirmé.
Dans ce contexte, le parti d’opposition attend du Sénat qu’il puisse contribuer à rétablir un équilibre dans le jeu politique. Habibou Woroucoubou appelle ainsi les sénateurs à œuvrer pour que le pluralisme consacré par la Constitution puisse réellement s’exprimer. « Si cette institution veut faire œuvre utile, qu’elle travaille à ce que le pluralisme politique pour lequel nous avons opté au niveau de notre Constitution puisse véritablement jouer », insiste-t-il.
À défaut, poursuit-il, le Sénat risque de devenir « encore une institution de plus » ou « une façon de repositionner des personnes qui sont censées être parties ».Pour Les Démocrates, l’enjeu ne se limite donc pas à l’installation de cette nouvelle Chambre. C’est surtout son fonctionnement et sa capacité à contribuer au pluralisme politique qui permettront, selon Habibou Woroucoubou, de juger de son utilité dans le paysage institutionnel béninois.
En rappel, autour de Patrice Talon, il est secondé par Louis Vlavonou, ancien président de l’Assemblée nationale, élu vice-président. Alassane Seidou, ancien ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, devient rapporteur, tandis qu’Adidjatou Mathys, ancienne ministre du Travail et de la Fonction publique, est élue rapporteure suppléante.
Abordant la nomination de Patrice Talon à la tête du Sénat, Habibou Woroucoubou estime que « c’est du pareil au même, c’est comme si c’est le régime de Patrice Talon qui continue », a-t-il conclu .
Alola BIAOU