Le Niger a notifié samedi 20 juin 2026 à Cotonou deux préalables sécuritaires avant toute réouverture de la frontière commune fermée depuis juillet 2023. Ces décisions interviennent suite à une visite de la délégation nigérienne conduite par le Général Mohamed Toumba dans la capitale béninoise.
Trois ans après la fermeture de la frontière de Malanville, le Niger conditionne son ouverture à des garanties de sécurité non négociables. La première condition concerne la signature d’un accord de défense et de sécurité imposant le principe de non-agression. Niamey veut verrouiller juridiquement sa frontière sud et interdire l’utilisation du territoire béninois pour toute action hostile ou de déstabilisation contre le Niger. Pour les autorités de transition, il s’agit de se prémunir contre toute infiltration de forces étrangères.
La seconde exigence porte sur une transparence absolue concernant les dispositifs militaires étrangers stationnés à proximité de la frontière délimitée par le fleuve Niger. Le Niger réclame la création immédiate d’une cellule bilatérale de fusion de renseignements afin que les deux armées cessent de lutter seules contre un ennemi terroriste commun qui s’affranchit des frontières.
Ces conditions interviennent après la visite à Niamey le 2 juin du président béninois Romuald Wadagni, qui avait relancé le dialogue avec le général Abdourahamane Tiani. Un comité mixte d’experts a ensuite été installé le 5 juin pour proposer des solutions pouvant permettre la relance des relations bilatérales des deux pays. Après 15 jours de travail, les délégations d’experts remettent les conclusions de leurs travaux aux présidents Wadagni et Tiani. Le vendredi 19 juin, une forte délégation nigérienne composée notamment des membres du comité national d’experts chargé des négociations, présidée par le Général de Division Mohamed TOUMBA, a foulé le sol béninois. Le samedi 20 juin 2026 dans la matinée, ils ont eu une séance d’échange, avec la partie béninoise afin de mener les dernières discussions portant sur la réouverture de la frontière.
La frontière, fermée par Niamey pour raisons sécuritaires alors que Cotonou l’avait rouverte après la levée des sanctions CEDEAO en 2024, pèse lourdement sur les échanges économiques et humains. Si le dialogue est pleinement rétabli, la réouverture dépend désormais de la prise en compte de ces deux exigences. D’elles dépend la reprise de la libre circulation et des échanges entre les deux pays frères.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU