En tournée dans plusieurs quartiers de Cotonou, le préfet du Littoral, Alain Orounla, a haussé le ton contre l’occupation anarchique de l’espace public. Face aux mécaniciens, couturières et autres artisans installés aux abords des voies, il a rappelé une vérité qu’il juge fondamentale : les infrastructures publiques sont financées par l’ensemble des Béninois, et non par la poche du président Patrice Talon.
En parcourant les artères de Cotonou, le préfet Alain Orounla est allé au contact direct des populations. Son objectif est d’exiger la libération des trottoirs et des abords de voies occupés par des ateliers improvisés et des étalages débordants. Devant des mécaniciens installés en pleine emprise routière, le message a été ferme et sans détour. « Ce n’est pas bien ce que vous faites en occupant l’espace public de la sorte. Des milliards sont dépensés pour réaliser ces infrastructures », a-t-il lancé. Puis, insistant sur la responsabilité collective, il a martelé : « L’argent là ne quitte pas la poche de Patrice Talon… ce sont tous les Béninois qui contribuent ».
À travers cette déclaration, Alain Orounla replace le débat sur le terrain de la citoyenneté. Pour lui, protéger les routes, trottoirs et ouvrages publics, c’est respecter l’effort fiscal consenti par chaque contribuable. L’État n’est pas une entité abstraite mais plutôt l’émanation des contributions de tous.
Aux couturières et tailleurs occupant les terrasses, le préfet a également rappelé les règles. « Vous ne devez pas rester sur les terrasses comme ça. Vous pouvez exposer vos mannequins, on ne refuse pas », a-t-il nuancé, laissant entendre qu’ordre et activité économique peuvent coexister.
Cette sortie traduit la volonté claire de restaurer l’ordre urbain, tout en responsabilisant les citoyens sur la gestion d’un patrimoine commun financé par tous.
Gildas AHOGNI