Un audit sur les effectifs de la Police nationale congolaise, publié jeudi 9 juillet, met en lumière l’ampleur des irrégularités dans la paie des forces de sécurité. Sur 157 800 officiers recensés, près de 64 000 seraient « non actifs » ou « fictifs ».
Selon le rapport, ces emplois factices feraient perdre entre 87 millions et 204 millions d’euros par an au Trésor public. Un gouffre financier qui intervient alors que le gouvernement peine à payer régulièrement les salaires des agents de l’État.
Cet audit s’inscrit dans une vaste opération lancée par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka en mars 2026, sous la coordination de l’Inspection générale des finances. L’objectif : comparer les effectifs budgétaires, administratifs et les agents réellement payés afin de traquer les doublons et les matricules fictifs.
La question des effectifs fictifs dans la police et l’armée n’est pas nouvelle. En 2025 déjà, l’IGF avait relevé 145 604 agents payés avec des numéros matricules illégaux et 93 356 agents partageant le même matricule.
Alors que Kinshasa vient de doubler les salaires des policiers et militaires pour améliorer leurs conditions, l’assainissement du fichier de paie devient urgent. Pour les syndicats, l’enjeu est double : supprimer les fuites et payer les vrais agents, dont certains attendent leurs salaires depuis des mois.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU