A partir de 2016, l’énergie électrique coûte plus chère aux béninois malgré les réformes et investissements du régime de la rupture pour mieux offrir aux consommateurs. Entre 2016 et 2026, le Kilowatt a flambé mais les attentes en matière de fourniture de l’énergie électrique en quantité et en qualité restent à combler.
Depuis quelques semaines le délestage que le gouvernement de la rupture a promis bannir du vocabulaire des béninois a toujours droit de citer. Il ne se passe plus de jour où le Bénin n’enregistre dans ses villes et quartiers de villes des coupures du courant. La moyenne dans certaines localités est d’au moins 10 coupures par jour. A Abomey-Calavi, Cotonou, Porto Novo etc., ce mal frappe durement les populations surtout les commerçantes et entrepreneurs obligés d’acheter des groupes électrogènes pour sauver leurs activités.
En 2016, sous le régime du docteur Boni Yayi, la tarification de l’électricité appliquée par la Société Béninoise d’Énergie Électrique (SBEE) était structurée par tranches de consommation pour les usages domestiques. Le prix du kilowatt-heure (kWh) était alors fixé à 78 FCFA pour la tranche sociale (consommation inférieure à 20 kWh). Pour les tranches supérieures, les tarifs étaient plus élevés, notamment à 109 FCFA et 115 FCFA par kWh selon le volume consommé. Autrement dit, le Kwh était au maximum à 115 FCFA. 10 ans après c’est à dire en 2026, le coût du kilowattheure (kWh) varie selon le volume de consommation. La tranche sociale (moins de 20 kWh) est facturée à 88 FCFA/kWh, la tranche 1 (0 à 250 kWh) à 125 FCFA/kWh, et la tranche 2 (au-delà de 250 kWh) à 148 FCFA/kWh. De 115 FCFA en 2016, le Kwh est donc passé à 148 FCFA avec plus de coupures et le délestage qui endommage en chaine les appareils électroménagers.
Et pourtant, la rupture avait, dès son installation à la tête du Bénin en 2016, enclenché des réformes et pris des mesures pour juguler la crise énergétique. Réuni en conseil, le mercredi 20 juillet 2016, le gouvernement béninois a décidé d’injecter dans ce secteur et en urgence 30 milliards de francs Cfa pour juguler la crise. Au nombre des deux mesures prises à l’occasion en faveur du secteur figure la location de deux centrales thermiques d’une capacité totale de 150 mégawatts. Ceci, dans l’optique d’en finir avec le déficit énergétique du Bénin au plus tard fin octobre 2016. A cette date, il est envisagé «en principe,…zéro délestage», selon le ministre d’Etat Pascal Irénée Koupaki. Les 45 milliards investis par le regimbe du docteur Boni Yayi pour ériger la centrale de Maria Gleta ont été non seulement abandonnés mais aussi et pire taxés de tous les noms bons pour être classés dans la catégorie des pires gouvernances énergétiques du siècle. Or, l’éléphant annoncé par la rupture en investissant autant dans le secteur est bien blanc à côté d’un montage politique qui a accouché d’une minuscule souris. De 2016 à 2026, des centaines de milliards ont été injectés pour l’amélioration de la fourniture en quantité et en qualité de l’énergie électrique, mais non seulement la qualité n’y est pas puisque les baisses du courant sont monnaies courantes, mais aussi la quantité n’y est pas car nombre de localités béninoises végètent encore dans le noir malgré les promesses et incantations des dirigeants depuis 10 ans.
De toute évidence, le défi que s’est donné le régime de la rupture en matière de fourniture d’énergie électrique en 2016 est loin d’être relevé 10 ans après. Les béninois paient cher un service dont ils bénéficient à peine en quantité et en qualité. Le délestage sévit, mais le gouvernement brille par son silence et les béninois s’interrogent sur ce que ce régime dit de la rupture a pu réellement apporter de positif dans ce secteur où se vend, visiblement, plus l’obscurité que la lumière.
Norbert Adjakoun