Le nord du Nigeria est confronté à une vague de violences sans précédent, avec des attaques de villages, des massacres et des enlèvements massifs. Malgré les opérations militaires et les frappes américaines, la crise sécuritaire ne faiblit pas.
Depuis fin 2025, les attaques armées se multiplient dans le nord et le centre du Nigeria. Début février 2026, quatre villages du sud de l’État de Kaduna ont été frappés. Au moins 51 personnes ont été kidnappées et trois tuées, dont un prêtre et un imam. Ces incidents s’inscrivent dans une spirale de violences qui touche civils et responsables religieux.
En mars 2025, plusieurs villages de Zamfara ont été attaqués, avec des dizaines d’habitants enlevés et certains tués malgré le paiement de rançons. A cela s’ajoute les nombreux kidnappings des élèves répétés en en 2025.
En janvier 2026, plus de 180 fidèles ont été kidnappés lors d’attaques contre trois églises dans l’État de Kaduna. Peu après, dans l’État de Kwara, une attaque particulièrement meurtrière a fait au moins de 160 morts selon les sources de la Croix Rouge. Cette met en lumière la dimension prise par ces attaques qui touchent désormais de nouvelles zones.
Toutefois la référence historique reste l’enlèvement de 276 lycéennes à Chibok en 2014 par Boko Haram, symbole mondial de l’insécurité au Nigeria. Les principaux groupes impliqués aujourd’hui sont Boko Haram et les gangs armés locaux appelés « bandits » souvent motivés par les rançons et la criminalité.
L’influence américaine encore sous-estimée
Sous l’administration Trump, les États-Unis ont intensifié la coopération militaire avec Abuja et mené des frappes ciblées contre les bases de Boko Haram. Ces opérations ont détruit des camps et causé des pertes parmi les terroristes selon les renseignements fournis par l’État nigerian. Mais elles n’ont pas freiné la crise qui a pris une nouvelle tournure. Les attaques et kidnappings se sont intensifiés en 2026, soulignant que la réponse militaire seule ne suffit pas face aux causes profondes du conflit, comme la pauvreté et les tensions communautaires.
Malgré les efforts des autorités et de leurs partenaires internationaux, la population continue de vivre dans la peur. La stabilisation du pays le plus peuplé d’Afrique reste un défi majeur pour toute la région ouest-africaine.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU
