En Conseil des ministres du mercredi 04 février 2026, le gouvernement béninois a franchi une nouvelle étape dans le cadre du projet de construction du marché régional de Houéssi à Ekpè, dans la commune de Sèmè-Podji. À travers une décision officielle, l’exécutif a autorisé la mission de maîtrise d’œuvre complète, une mesure qui marque le démarrage effectif de ce projet structurant, attendu depuis plusieurs années par les populations locales et les acteurs économiques de la zone.
Pour de nombreux riverains, cette décision est perçue comme une avancée majeure. Le futur marché régional de Houéssi est en effet présenté comme un véritable pôle de dynamisation économique, appelé à renforcer les échanges commerciaux, améliorer les conditions de vente des commerçants et créer de nouvelles opportunités d’emplois. Toutefois, au-delà de cet enthousiasme légitime, plusieurs voix s’élèvent pour souligner que cette annonce ressemble davantage à un verre à moitié rempli qu’à une satisfaction totale. La principale inquiétude concerne l’état des voies d’accès au site du futur marché. La route Marché Houéssi – Carrefour Tchonvi, censée faciliter la desserte de l’infrastructure, devait être réalisée dans le cadre du pavage de la voie Sèkandji – Tchonvi – Ekpè, l’une des composantes du Projet d’adaptation des villes aux changements climatiques (Pavicc).
Or, sur le terrain, les constats sont loin d’être rassurants. Les caniveaux sont jugés mal construits, les dimensions et les normes techniques de la chaussée ne seraient pas respectées, et plusieurs insuffisances laissent craindre une dégradation rapide de l’ouvrage une fois les travaux achevés. À ces manquements s’ajoute une autre préoccupation majeure, le pont devant relier et desservir efficacement les villages de Sèkandji et de Tchonvi n’a jamais été reconstruit. Pourtant, sa réalisation avait été prévue et budgétisée dès le départ dans le cadre du Pavicc avant d’être affectée pour des raisons restées floues. Cette absence constitue un véritable goulot d’étranglement pour la mobilité des populations et pourrait, à terme, compromettre l’accessibilité du futur marché régional, notamment en saison pluvieuse. Avec un tel cumul de dysfonctionnements, l’autorisation unique accordée pour la maîtrise d’œuvre complète du marché régional de Houéssi risque de ne pas suffire à combler pleinement les attentes des populations.
Si le marché est construit sans des voies d’accès fiables, durables et conformes aux normes, son impact économique et social pourrait être sérieusement limité. Face à cette situation, de nombreux riverains appellent le gouvernement à aller au-delà de la simple autorisation administrative. Ils souhaitent une évaluation rigoureuse des travaux déjà réalisés sur les voies d’accès, suivie, si nécessaire, de travaux confortatifs ou de réajustements. Une telle démarche permettrait non seulement de sécuriser les investissements publics, mais aussi de garantir que le marché régional de Houéssi devienne réellement un levier de développement pour Ekpè et l’ensemble de la commune de Sèmè-Podji.
Mohamed Yèkini