Après plus d’une semaine de détention, 11 membres de l’armée de l’air nigériane ont été libérés par les autorités burkinabè, mettant fin à une crise diplomatique qui avait mis la région en alerte. L’incident intervenait dans un contexte de relations déjà tendues entre Abuja et les régimes sahéliens.
Mercredi 17 décembre, le Burkina Faso a libéré 11 membres du personnel de l’armée de l’air nigériane— deux pilotes et neuf passagers — détenus depuis le 8 décembre après que leur avion militaire, en route vers le Portugal pour une maintenance programmée, a effectué un atterrissage d’urgence sur le territoire burkinabè. Cette décision a été annoncée par le ministre nigérian des Affaires étrangères, Yusuf Tuggar, qui a souligné que le règlement de cette affaire était le fruit d’un dialogue soutenu et de consultations diplomatiques.
Les autorités burkinabè, sous la direction du chef de la junte Ibrahim Traoré, avaient retenu le personnel et l’appareil après que l’avion ait pénétré dans autorisation dans l’espace aérien, selon Ouagadougou, déclenchant une vive réaction de l’Alliance des États du Sahel (AES) qui avait même mis ses défenses aériennes en état d’alerte.
Du côté nigérian, l’armée avait justifié l’atterrissage comme une manœuvre de sécurité réalisée conformément aux procédures internationales, près une anomalie technique en vol.
L’incident est survenu dans un climat déjà fragile entre le Nigeria et les régimes militaires sahéliens, notamment après l’intervention nigériane récente pour aider à neutraliser une tentative de coup d’État au Bénin voisin
Selon Abuja, les parties conviennent désormais de consultations régulières et d’actions pour renforcer la coopération bilatérale— une note d’optimisme après une série de dissensions ayant mis à l’épreuve la stabilité diplomatique en Afrique de l’Ouest.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU