À moins de deux semaines du quadruple scrutin du 28 décembre 2025, l’Autorité nationale des élections (ANE) assure être en mesure d’organiser simultanément les élections présidentielle, législatives, régionales et municipales en République centrafricaine. Malgré ces assurances, l’opposition et certains observateurs politiques expriment des inquiétudes sur la transparence et la crédibilité du processus.
Le 28 décembre prochain, près de 2,3 millions de Centrafricaines et de Centrafricains sont attendus aux urnes pour élire à la fois le président de la République, les députés, les conseillers régionaux et municipaux. L’Autorité nationale des élections affirme que les préparatifs se déroulent conformément au calendrier, avec la fin de la campagne fixée au 26 décembre à minuit, et l’appui logistique de la Minusca pour la distribution du matériel électoral dans tout le pays. Pour Dimy Bodman Zitongo, porte-parole de l’institution, « rien ne peut, à ce jour, faire obstacle à l’organisation de ces scrutins le 28 décembre ».
Pourtant, une partie de l’opposition conteste cette sérénité affichée. Plusieurs responsables dénoncent un climat politique tendu et exigent un dialogue politique inclusif avec le pouvoir avant la tenue du scrutin. Des critiques portent notamment sur la révision constitutionnelle de 2023 qui a permis au président Faustin-Archange Touadéra de briguer un troisième mandat, une mesure vivement contestée par des voix de l’opposition.
Des figures de l’opposition, comme Anicet-Georges Dologuélé, ont exprimé leur scepticisme vis-à-vis des capacités de l’ANE, dénonçant des problèmes d’organisation et des risques d’iniquité dans le processus. L’opposition dénonce aussi des failles techniques et logistiques à quelques jours des scrutins.
Sécurité et soutien international
À l’approche du scrutin, l’ONU et d’autres partenaires internationaux insistent sur la nécessité d’un environnement sécurisé et inclusif pour garantir la crédibilité des élections. Des progrès ont été notés, mais des défis logistiques et des contraintes financières persistent, menaçant le bon déroulement du processus si des ressources supplémentaires ne sont pas mobilisées. Elle pointe l’absence prolongée de Huguette Ndindi, cheffe du centre de traitement des données, ainsi que le non-respect du chronogramme électoral.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU