Un convoi d’uranium a quitté le site minier de la SOMAÏR à Arlit le 27 novembre. Orano affirme n’être ni à l’origine ni informé de cette opération, qu’il considère comme une violation de ses droits.
Le 27 novembre 2025, un convoi de camions escortés a quitté le site de la SOMAÏR, dans le nord du Niger. Dans un communiqué daté du même jour, Orano a fermement condamné ce départ, soulignant qu’il n’en était pas l’initiateur. Le groupe rappelle avoir perdu le contrôle opérationnel de ses mines nigériennes depuis décembre 2024 et indique qu’il « ne dispose d’aucune information officielle sur la quantité d’uranium transportée, sa destination finale, ni sur les conditions de sûreté et de sécurité de ce transport ».
Le groupe précise qu’il « poursuivra la défense de ses intérêts avec détermination et se réserve le droit d’engager toutes actions nécessaires, y compris des procédures pénales contre des tiers impliqués ».
Une telle action de l’État nigérien pourrait compromettre la traçabilité et la sécurité d’un matériau stratégique. Elle risque également d’affaiblir la confiance des investisseurs internationaux dans le secteur minier du Niger.
Depuis décembre 2024, Orano a perdu le contrôle opérationnel de ses mines nigériennes, dont la SOMAÏR. En juin 2025, le gouvernement de Niamey a nationalisé la compagnie, dans un contexte de reprise en main des ressources minières par l’État.
Le 23 septembre 2025, un tribunal arbitral du CIRDI a rendu une décision favorable à Orano, interdisant à l’État nigérien de vendre, céder ou transférer à des tiers l’uranium produit par la SOMAÏR et stocké illégalement. Orano considère donc que le convoi du 27 novembre viole cette décision.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU