À Porto-Novo dans le cadre de l’installation des structures de base de son parti Les démocrates, l’ancien président Boni Yayi a profité de l’occasion pour revenir sur nombre de sujets impliquant à la fois, la vie des populations ainsi que celle des partis politiques au Bénin. Il s’est de nouveau attaqué au code électoral qui ramènerait, à l’en croire, les béninois dans un cirque duquel ils croyaient avoir échappé : un parlement monocolore.
Le nouveau code électoral, tel que voté et promulgué, n’est pas de nature à promouvoir les acquis de la conférence nationale de 1990. Avant l’ancien président de la République, Boni Yayi, plusieurs autres personnalités politiques et même religieuses l’ont martelé sitôt que l’occasion leur est offerte. Récemment encore, alors qu’il était à Porto-Novo, le président des démocrates en a encore parlé. Mais cette fois-ci, en levant le voile sur l’éventualité d’un destin politique semblable à celle de la huitième législature parlementaire. «Avec ce code, nous sommes en train d’aller vers un parlement monocolore dont nous connaissons les conséquences drastiques», a déclaré l’ancien chef d’État béninois. Pour Boni Yayi, la nouvelle loi fondamentale du Bénin est dépourvue de consensus. À cette allure, le pays risque de tomber à chaque fois dans un éternel processus de recommencement. C’est pourquoi, recommande t-il, «faisons les lois de façon consensuelle comme la conférence nationale. Si ce n’est pas consensuel, après 2026, les nouvelles autorités vont tout mettre en cause or on aurait tué à cause de ces lois. Or si c’est consensuel, on dirait que c’est grâce au président Talon qu’on a créé quelque chose de durable».
Tirant exemple de son propre cas, il affirme «le président SOGLO frappé par la limitation d’âge était comme le chef de file de l’opposition mais on se comprend toujours. Je vois mémé Rosine et je tire des enseignements de ses critiques. Elle dit je t’ai insulté et moi, je lui dis, vous êtes belle et ensemble, on a construit le pays».
L’expression de la fibre patriotique
L’ancien Chef de l’État a fait savoir qu’il pouvait être «en Corée en gagnant 50 millions ou plus en oubliant ce pays, mais j’ai dit non. Ce pays mérite la liberté». Et pour ça, «je ne céderai ni aux injures ni aux intimidations. Ce parti est né avec les dents et ne mourra pas», a-t-il clamé comme pour signifier que son parti résistera au vent violent qui s’apprête à souffler sur les partis politiques au Bénin. Boni Yayi s’est par ailleurs interrogé sur la situation de crise sécuritaire, éducative, sanitaire, financière et diplomatique que traverse actuellement le pays. Selon lui, «la nation est en train de se fracasser, nous assistons au renversement des fondamentaux. Notre diplomatie est en difficulté. Restons ensemble», a-t-il exhorté.
Ignace TOSSOU