Au Soudan, la saison agricole s’annonce particulièrement difficile. Dans plusieurs régions du pays, les pluies se font attendre et le niveau du Nil est en baisse.
Le retard des pluies et la diminution des ressources en eau viennent donc ajouter une nouvelle pression à une agriculture déjà fragilisée par le conflit. En effet, à Gedaref, dans l’est du Soudan, l’un des principaux bassins agricoles du pays, les agriculteurs tentent malgré tout de poursuivre les semis. Mais le manque de précipitations fragilise déjà les cultures de sorgho et de sésame, deux productions importantes pour l’agriculture soudanaise.
Selon des informations rapportées par l’AFP, le bassin du Nil Bleu a enregistré cet été des précipitations pouvant atteindre seulement la moitié des niveaux habituels. Les prévisions pour la suite de la saison ne sont guère rassurantes, avec des pluies annoncées inférieures à la moyenne.La situation est d’autant plus préoccupante que le niveau du Nil diminue également. Dans certaines zones, les agriculteurs doivent parcourir de plus longues distances pour trouver suffisamment d’eau et irriguer leurs champs. Face à cette attente, certains habitants se sont même réunis pour prier en espérant le retour des pluies.
Le phénomène El Niño, qui se renforce actuellement, contribue par ailleurs à perturber les régimes pluviométriques dans certaines régions. Son influence varie toutefois selon les zones et ne constitue pas l’unique explication aux difficultés rencontrées par les producteurs.
À ces contraintes climatiques s’ajoutent les conséquences du conflit qui oppose depuis avril 2023 l’armée soudanaise aux forces paramilitaires. La hausse du prix du carburant, des engrais et des semences, ainsi que les difficultés d’accès aux marchés, rendent davantage précaire la situation des agriculteurs. Le Programme des Nations unies pour le développement estime que la production céréalière avait chuté de 46 % au cours de la première année de guerre. En 2025, près de 90 % des agriculteurs et organisations de producteurs interrogés signalaient encore une baisse de leurs récoltes.
Cette conjoncture complique davantage le travail des producteurs et fait craindre une nouvelle baisse des récoltes, alors que le pays reste profondément marqué par la guerre.
Alola BIAOU