La Haute Cour fédérale d’Abuja a condamné Saleh Mamman à 75 ans de prison pour détournement de 33,8 milliards de nairas. L’ex-ministre de l’Énergie est reconnu coupable de fraude et de blanchiment sur les projets hydroélectriques de Mambilla et Zungeru.
Le 13 mai 2026, la justice nigériane a prononcé l’une des peines les plus lourdes contre un ancien membre du gouvernement. Saleh Mamman, ministre de l’Énergie entre 2019 et 2021, a été condamné à 75 ans de prison ferme pour détournement de fonds publics et blanchiment.
Le verdict a été rendu par le juge James Omotosho de la Haute Cour fédérale d’Abuja. L’ancien ministre était poursuivi par la Commission des crimes économiques et financiers, l’EFCC, sur 12 chefs d’accusation. Il était absent à l’audience, ce que le tribunal a interprété comme une tentative délibérée d’entraver la justice.
Des fonds détournés sur des projets stratégiques
Selon l’accusation, Mamman a organisé le détournement de 33,8 milliards de nairas, soit environ 22 millions de dollars au taux de 2024, destinés à financer les centrales hydroélectriques de Mambilla et Zungeru. Ces deux projets sont considérés comme essentiels pour réduire les coupures d’électricité qui paralysent l’économie nigériane.
Selon plusieurs sources, l’EFCC a présenté 17 témoins et 43 pièces à conviction. L’enquête a révélé l’usage d’opérateurs de change pour transférer l’argent et un paiement en espèces de 655 700 dollars pour l’achat d’une propriété de luxe à Abuja, en dehors du système bancaire.
Le tribunal a condamné Mamman à 7 ans de prison pour chacun des 10 chefs d’accusation, trois ans avec option d’amende de 10 millions de nairas ainsi que deux ans pour d’autres. Les peines s’appliquent de façon consécutive. Le juge a ordonné la confiscation de devises et de quatre propriétés saisies à Abuja.
Un mandat d’arrêt a été émis. La cour a demandé à toutes les agences de sécurité nigérianes de coopérer avec Interpol pour retrouver et arrêter l’ex-ministre. La peine ne commencera à courir qu’à compter de la date de son arrestation.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU