Le foyer d’hantavirus détecté à bord du navire de croisière MV Hondius continue d’inquiéter plusieurs pays. Mais l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) assure que la situation actuelle ne ressemble pas au début de la pandémie de Covid-19.
L’Organisation mondiale pour la santé (OMS) a depuis longtemps rassuré la communauté internationale sur les inquiétudes face à une nouvelle forme de Covid, le 7 mai 2026 lors d’un point de presse officiel organisé à Genève, en Suisse, au siège de l’organisation onusienne.
Cette conférence médiatique intervenait après plusieurs jours de fortes inquiétudes autour du MV Hondius, un navire de croisière néerlandais parti d’Ushuaïa, en Argentine, et désormais placé sous surveillance sanitaire internationale.
Selon l’OMS, six cas confirmés d’hantavirus ont été recensés parmi huit cas suspects liés au navire. Trois décès ont déjà été enregistrés. Le foyer concerne le virus Andes, une souche rare présente en Amérique latine et connue pour être le seul hantavirus pouvant se transmettre entre humains dans certaines conditions.
Tedros tente de calmer les inquiétudes
Lors de cette conférence de presse, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a insisté sur le fait que la situation ne devait pas être comparée au coronavirus.
« Ce n’est pas un nouveau Covid. » Le chef de l’OMS a néanmoins reconnu la gravité du foyer sanitaire à bord du navire. « À ce jour, huit cas ont été signalés, dont trois décès. Cinq de ces huit cas ont été confirmés comme étant dus au hantavirus, tandis que les trois autres sont considérés comme suspects » .
Il a également averti que d’autres contaminations pourraient encore être découvertes. « Compte tenu de la période d’incubation du virus des Andes, qui peut atteindre six semaines, il est possible que davantage de cas soient signalés.
Malgré cela, Tedros Adhanom Ghebreyesus estime que le risque mondial reste limité. « Le risque pour la santé publique reste faible. ». Pour lui la crise sanitaire actuelle ne devrait pas être comparé à celle du Covid. « Nous ne pensons pas que cette situation soit similaire au début de la pandémie de Covid-19 ».
Maria Van Kerkhove détaille les différences avec le Covid
Au cours du même briefing à Genève, Maria Van Kerkhove, directrice de la préparation et de la prévention des épidémies à l’OMS, a expliqué que le mode de transmission du virus Andes est très différent de celui du SARS-CoV-2. « Ce n’est pas la Covid, ce n’est pas la grippe, la transmission se fait de manière très différente. » Elle a aussi rappelé que la contamination entre humains nécessite généralement des contacts rapprochés et prolongés. « Il ne s’agit pas du SARS-CoV-2. Ce n’est pas le début d’une pandémie de Covid. Il s’agit d’une flambée épidémique qui se produit sur un navire. »
Dans une interview accordée au quotidien espagnol El País le 5 mai 2026, Maria Van Kerkhove avait déjà indiqué que les premiers malades ( un couple néerlandais et un allemand) auraient probablement été contaminés avant même l’embarquement du navire en Argentine
Selon plusieurs sources, les 147 passagers et membres d’équipage du MV Hondius provenaient de 23 pays différents, poussant plusieurs États à organiser des opérations de rapatriement et de surveillance sanitaire. Selon l’OMS, au moins douze pays participent déjà officiellement au suivi des cas contacts et des passagers évacués après le foyer d’hantavirus détecté à bord du navire.
Des avions spéciaux ont notamment été envoyés par la France, la Belgique, l’Irlande, les Pays-Bas et l’Allemagne pour récupérer leurs ressortissants.
Les autorités sanitaires de plusieurs pays poursuivent désormais le suivi des passagers évacués du MV Hondius afin d’éviter toute chaîne de transmission supplémentaire.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU