Le verdict de 24 mois de prison dont douze fermes prononcés par le juge à l’encontre des Docteurs en études de spécialisation dans l’affaire relative au décès d’une parturiente au Centre hospitalier universitaire départemental du Ouémé continue de susciter beaucoup d’encre et de salive. Communiqués interposés entre association d’étudiants et autorités, mots d’ordre donnés sont quelques rebondissements qui ont marqué le weekend.
C’est une situation tendue qui oppose le décanat de la Faculté des sciences de la santé d’Abomey-Calavi et le Bureau exécutif de l’Association des étudiants en médecine de Cotonou. En effet, quelques jours après la condamnation des Docteurs en études de spécialisation (Des) dans l’affaire du décès d’une parturiente, les camarades ne veulent pas rester les bras croisés. A travers la note informative n°005 Sg/Pr/Bue/Aemc/2026, le président de l’Aemc Tantcha Marc G. Aguewe informe l’ensemble des étudiants en Médecine de Cotonou, de la suspension des activités de stage hospitalier jusqu’à nouvel ordre.
Cela, suite à la situation survenue le mardi 11 mars 2026, impliquant des Docteurs en études de spécialisation (Des) dans un service de gynécologie-obstétrique et aux préoccupations qu’elle suscite au sein de la communauté estudiantine.« Cette décision vise à exprimer la solidarité des étudiants en médecine envers leurs ainés Des actuellement confrontés à des difficultés liées à l’apprentissage de leurs fonctions. Elle traduit également l’inquiétude des étudiants face aux risques auxquels ils sont exposés dans les structures hospitalières, alors même qu’ils demeurent des apprenants en formation et qu’aucun document officiel ne définit clairement leurs attributions, leurs droits et les limites de leurs responsabilités sur les lieux de stage», peut-on lire dans le document.
Selon la même source, par cette mesure, l’Association des étudiants en médecine de Cotonou attire l’attention des autorités compétentes sur la nécessité d’établir un cadre clair définissant les responsabilités des étudiants en milieu hospitalier, afin de garantir à la fois la sécurité des patients et la protection des médecins en formation. « Le Bureau Exécutif invite l’ensemble des étudiants à respecter strictement cette décision et à demeurer mobilisés dans un esprit de responsabilité et de solidarité. Tout étudiant qui ne respecterait pas cette décision sera responsable des déconvenues», a insisté le président de l’Aemc à l’endroit de ses camarades.
Le doyen recadre et hausse le ton
Les autorités décanales ne vont tolérer aucune absence aux stages hospitaliers. C’est ce qu’il faut retenir de la note du doyen de la Faculté des sciences de la santé de l’Université d’Abomey-Calavi, Georges Avakoudjo. Dans le document, il rappelle à tous les étudiants que les stages hospitaliers constituent une composante essentielle et obligatoire de la formation médicale, inscrite dans les maquettes pédagogiques et intégrée au calendrier académique officiel de la faculté.
A ce titre, toute absence non autorisée ou tout arrët unilatéral des stages hospitaliers expose l’étudiant concerné aux conséquences académiques prévues par les textes en vigueur, notamment la non-validation de l’Unité d’enseignement (Ue) de stage. « En conséquence, il est formellement demandé à tous les étudiants de reprendre immédiatement les stages hospitaliers et de se conformer aux dispositions académiques en vigueur.
A défaut, le décanat de verra dans l’obligation d’appliquer strictement les textes réglementaires en la matière », a menacé le professeur. La note précise que les autorités décanales restent ouvertes à toute concertation constructive avec les différentes parties prenantes, dans le respect des cadres institutionnels, afin d’examiner les préoccupations soulevées. A travers cette décision, le doyen a exprimé sa désapprobation vis-à-vis de toute tentative de suspension des stages hospitaliers.
L’Onmb en sapeur-pompier
De son côté, l’Ordre national des médecins du Bénin joue à la carte de l’apaisement. «Le verdict dans l’affaire du décès de la parturiente au Chud Ouémé suite à une césarienne est tombé. Trois collègues ont été condamnés à 24 mois de prison dont 12 fermes assortis de réparations et amendes. Face à cette situation douloureuse, l’Ordre national des médecins du Bénin invite chacun de nous au calme, à la retenue et à la solidarité envers nos collègues.
La défense de ces collègues s’active pour faire ce que de droit», a rendu public l’Onmb tout en soulignant qu’il est essentiel de préserver la dignité de la profession et de continuer à défendre les valeurs qui unissent. L’Ordre reste mobilisé pour accompagner les collègues concernés et pour poursuivre le dialogue avec les autorités compétentes. « Nous vous encourageons à rester sereins et unis dans cette épreuve», a exhorté le conseil national de l’Onmb. Les populations restent attentives à cette situation qui ne ferait que plomber le bon déroulement des activités dans les centres de santé et hôpitaux.
Mohamed Yèkini