L’Organisation mondiale de la Santé a déclaré dimanche que l’épidémie d’Ebola touchant la République démocratique du Congo et l’Ouganda constitue une urgence de santé publique de portée internationale. Cette déclaration intervient après de nombreux cas de décès confirmés en RDC.
L’OMS alerte sur le fait que l’ampleur réelle du nombre de cas et de la propagation n’est pas encore claire. L’organisation s’est toutefois arrêtée avant de déclarer une urgence pandémique, le niveau d’alerte le plus élevé instauré en 2024. Selon l’Africa CDC, 88 personnes sont mortes de cette fièvre hémorragique hautement contagieuse, pour au moins 336 cas suspects au samedi 16 mai 2026.
L’épidémie est causée par la souche Bundibugyo du virus Ebola. Cette souche, identifiée pour la première fois en 2007, a aussi tué un ressortissant congolais en Ouganda voisin, selon les autorités ougandaises. L’OMS estime que les pays partageant une frontière terrestre avec la RDC sont à haut risque de voir la maladie se propager davantage.
L’ONG Médecins Sans Frontières prépare une « réponse à grande échelle » et juge la rapidité de propagation « extrêmement préoccupante ». Le ministre de la Santé de la RDC, Samuel-Roger Kamba a rappelé le 16 mai 2026 lors d’un point presse à Kinshasa que la souche Bundibugyo n’a ni vaccin ni traitement spécifique. « La souche Bundibugyo n’a ni vaccin ni traitement spécifique. Cette souche a un taux de létalité très élevé, qui peut atteindre 50 % », a-t-il déclaré. Seuls des vaccins contre la souche Zaïre, identifiée en 1976 et dont le taux de mortalité est de 60 à 90 %, sont actuellement disponibles.
Propagation rapide en Ituri et au-delà
Les autorités sanitaires ont confirmé vendredi le dernier foyer dans la province de l’Ituri, au nord-est de la RDC, frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud.
« Le nombre de cas et de décès que nous observons en si peu de temps, combiné à la propagation dans plusieurs zones de santé et maintenant de l’autre côté de la frontière, est extrêmement préoccupant », déclare Trish Newport, responsable du programme d’urgence de MSF.
Il s’agit de la 17e épidémie d’Ebola en RDC. Les autorités craignent une propagation régionale importante en raison de la forte mobilité liée à l’exploitation minière et aux activités commerciales.
L’OMS indique que le taux de positivité élevé des premiers échantillons et l’augmentation des cas suspects indiquent tous une épidémie potentiellement bien plus importante que ce qui est actuellement détecté et signalé.
L’organisation recommande aux pays d’activer leurs mécanismes nationaux de gestion des catastrophes et des urgences, et de mettre en place des contrôles aux frontières et sur les principales routes internes.
L’Ebola, dont on pense qu’il provient des chauves-souris, se transmet par contact direct avec les fluides corporels. La période d’incubation peut aller jusqu’à 21 jours.
Ezechiel Dagbégnon PADONO