C’est un dossier qui aura résisté à la Rupture. L’espoir nourri par les populations de voir la gouvernance Talon parvenir à démêler l’écheveau, s’estompe à mesure que le régime égrène ses derniers mois. Dans moins de 100 jours, l’équipe du Président Patrice talon fera ses adieux, cédant le fauteuil présidentiel ai successeur élu, sans que les 2 jeunes placés en détention préventive, depuis 16 ans, n’aient eu droit à une justice qui scelle leurs sorts ou les disculpe sur la base des faits.Le nouveau Président du TPI de Cotonou très attendu sur ce procès avec le départ de Dossa Guillaume Lally pour la Cour spéciale des affaires foncières comme conseiller à la chambre d’appel, devra agir au plus vite, pour donner la preuve que le Bénin est un Etat respectueux des droits de l’homme.
Le Magistrat Adelain Armel Azodogbèhou puisque c’est de lui qu’il s’agit, lui a pris les rênes du Tribunal de Première Instance en tant que nouveau Président de cette juridiction, se doit de convoquer à son rôle, les dossiers laissés en suspens par son prédécesseur.
Entre autre dossier brulant et qui peine à connaitre un dénouement judiciaire, l’affaire Disparition présumée puis Assassinat de Pierre Urbain Dangnivo, qui agite le Bénin depuis plus de 15 années.
La dernière audience relativement à ce dossier remonte au 25 avril 2025, après une série de comparutions et d’auditions de témoins, de sachants, d’experts et des présumés coupables en détention depuis plus de 15 ans. La suspension observée, avait renvoyé à une prochaine audience prévue pour se tenir 2 semaines plus tard.
Mais si l’enquête piétine jusqu’à présent faute d’éléments probants, la justice se doit de relaxer purement et simplement les deux jeunes placés en détention depuis des années. A défaut d’un jugement qui les condamne à une peine et les fixe sur leurs sorts, dans un dossier dont le dénouement est très attendu.
Seule une condamnation peut leur permettre de bénéficier d’une remise de peine ou de la grâce présidentielle.
Mais si la justice en venait à prononcer leur relaxe pure et simple, il reviendra à la famille du disparu, d’engager toute procédure visant à rechercher et punir d’éventuels coupables.
Une constance dans ce dossier, les analyses médicales croisées d’experts sur la base de prélèvements humains effectués, ont révélé que Pierre Urbain Dangnivo ne vit plus. Seules les conditions de son enlèvement puis de son assassinat restent à élucider. Le tribunal de Cotonou, dans ses sessions criminelles à rebondissement, peine à situer les responsabilités de présumés coupables dans ce dossier qui a failli embraser le Bénin sous le premier quinquennat de Boni Yayi.
A la barre, lors des audiences précédentes, la question restée non encore résolue, est comment établir un lien quelconque entre les présumés coupables et les faits qualifiés de disparition puis assassinat d’un cadre émérite de l’administration des Finances béninoises. Mais l’autre énigme est aussi liée à l’arrestation ou non du principal accusé Codjo Alofa, avant que ne soit constatée cette disparition. Et là-dessus, ni le Commissariat de Godomey Xwlacomey, ni les autorités policières ayant enquêté sur le dossier n’ont pu faire la moindre lumière sur cette déclaration de Dame Yvonne qui a soutenu à la barre, avoir été victime du braquage de sa moto par le sieur Alofa, lequel sera arrêté suite à la clameur publique.
Un procès sans fin
La Composition avant d’ordonner la suspension avait souhaité voir comparaitre à nouveau des sachants et témoins ayant déjà déposé mais qui visiblement, doivent éclairer encore plus, la lanterne du Tribunal.
La partie civile avait dans ses demandes, souhaité entendre les éléments de la garde présidentielle présents à la Présidence de la République, la nuit même de la disparition supposée de Pierre Urbain Dangnivo. Une demande dont le ministère public n’en avait pas perçu l’importance mais qui paraissait utile à la partie civile, pour mieux cerner les contours de ce dossier.
Autre demande formulée par les Avocats de la défense et de la partie civile, la comparution de professeur Agbossou, mari de feue Bernadette Sohoudji. Mais aux dernières nouvelles, le mari est aussi décédé, sans pouvoir être entendu, pour pouvoir dire à la Cour si le décès de son épouse, l’ancienne Ministre avait un quelconque lien avec le dossier Dangnivo.
La suspension observée pour 2 semaines et qui devrait reprendre le 13 mai d’accord-parties au procès, ne fait que se prolonger indéfiniment.
Et pendant ce temps, les présumés coupables croupissent dans les maisons d’arrêt, fatigués certainement par les nombreux recours devant les juridictions de haut niveau, dont les réponses ne font rien voir poindre à l’horizon.
Les avocats de la partie civile et de la défense, certainement épuisés eux aussi par le délai d’attente et de latence du dossier, et le poids des autres dossiers qu’ils doivent gérer dans leurs cabinets respectifs ne semblent plus donner quelque espoir de dénouement à leurs clients en détention, pour la défense ; aux membres de la famille Dangnivo ; qui espèrent savoir qui est l’assassin de leur frère, père, oncle et grand-père, afin de pouvoir faire le deuil de leur fils.
Pour l’heure, le peuple béninois attend que des justiciables qui croupissent derrière les barreaux, puissent être situés sur leur sort, dans une parfaite administration de la justice.
La Commission béninoise des droits de l’Homme est interpellée au même titre que Amnesty International, la Cour constitutionnelle, l’Assemblée nationale, le Ministre de la Justice, la Société civile et l’ensemble des organismes internationaux garants du respect des Droits de l’Homme de par le monde.
Une seule et légitime attente : A quand le dénouement de ce rocambolesque dossier qui remonte aux années 2010 et dont la liste des plausibles témoins s’amenuise chaque jour au gré de Thanatos ?
A.M