À quelques jours de l’investiture du nouveau président de la République, Romuald Wadagni, les regards sont désormais tournés vers la composition de la toute première équipe gouvernementale du nouveau locataire de la Marina. Dans l’opinion publique, les supputations vont bon train autour des hommes et femmes qui auront la lourde responsabilité d’accompagner le successeur de Patrice Talon dans la conduite des affaires de l’État.
Si plusieurs noms circulent déjà avec insistance dans les couloirs du pouvoir, une tendance semble néanmoins se dégager avec clarté. Plusieurs fauteuils ministériels vont changer de main dès les premiers jours du nouveau régime. Selon des sources indiscrètes, au moins sept postes ministériels connaîtront de nouveaux occupants dans le gouvernement que s’apprête à former Romuald Wadagni. Parmi les départs quasiment actés figurent d’abord les deux ministres qui ont fait le choix de l’aventure parlementaire.
Il s’agit notamment du portefeuille du Tourisme, de la Culture et des Arts ainsi que celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Leur engagement à l’Assemblée nationale rend désormais incertain leur reconduction au sein de l’exécutif. Dans l’entourage du président élu, l’on estime déjà que ces ministères stratégiques nécessitent de nouveaux profils. Le ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche devrait également connaître un changement majeur.
Après dix années passées à la tête de ce département, Gaston Dossouhoui ne souhaiterait plus poursuivre l’aventure gouvernementale sous l’ère Wadagni. Une décision qui, si elle se confirme, marquera la fin d’une longue présence au sein de l’appareil étatique pour celui qui aura été l’un des visages les plus constants des réformes agricoles du régime Talon.
Autre départ annoncé, celui de l’architecte national du gouvernement Talon, le ministre du Cadre de vie, qui cumulait jusque-là les portefeuilles des Transports et de l’Énergie, de l’eau et des mines. Selon plusieurs indiscrétions, ces secteurs hautement stratégiques devraient être confiés à de nouvelles personnalités afin de permettre au futur chef de l’État de mettre sa propre empreinte sur les grands chantiers d’infrastructures, de transport et d’autonomie énergétique du pays. Le départ qui suscite cependant le plus de commentaires reste celui du ministre d’État Abdoulaye Bio Tchané.
Figure majeure du régime de Patrice Talon, il aurait décidé, selon des sources concordantes, de prendre du recul et de se retirer progressivement de l’appareil d’État. Après dix années passées au sommet de l’administration, il aurait fait le choix de laisser la place à la jeunesse appelée à poursuivre les réformes. Entre continuité et renouvellement, le nouveau président, Romuald Wadagni devra trouver le dosage nécessaire pour combiner expérience et jeunesse et rassurer les partenaires du régime sortant tout en affirmant sa propre vision de gouvernance. Les prochains jours permettront sans doute d’en savoir davantage sur les identités de ses collaborateurs immédiats.
Mohamed Yèkini