À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le président de l’Union des professionnels des médias du Bénin (UPMB), Hervé Prudence Hessou, a plaidé pour un sursaut collectif en faveur d’un environnement médiatique plus libre, éthique et professionnel, à travers quatre appels majeurs adressés aux acteurs du secteur.
Réunis le 3 mai dernier, les acteurs des médias béninois ont marqué la Journée mondiale de la liberté de la presse dans un contexte préoccupant. Devant des représentants du Conseil national du patronat de l’audiovisuel (CNPA-Bénin), de l’Observatoire de la déontologie et de l’éthique dans les médias (ODEM), ainsi que des responsables de la SRTB et de l’ONIP, Hervé Prudence Hessou a dressé un constat sans détour : précarité persistante, cadre normatif contraignant et garanties insuffisantes pour la presse.
En effet, au cœur de son intervention, il a lancé quatre appels structurants. D’abord aux autorités publiques, il les invite à consolider les acquis démocratiques et à renforcer les garanties de la liberté de la presse. Le responsable syndical a insisté sur la nécessité d’un cadre réglementaire « qui protège sans contraindre abusivement », dans un contexte où plusieurs professionnels ont été inquiétés sur la base du code du numérique. Ensuite, aux entreprises de presse, il a demandé une amélioration des conditions de travail et une professionnalisation accrue du secteur. « Les journalistes ne bénéficient ni de contrats stables, ni de salaires décents, encore moins d’une couverture sociale adéquate », a-t-il déploré.
Le troisième appel s’adresse aux journalistes eux-mêmes où il les exhorte à un sursaut d’éthique, de rigueur et de responsabilité face aux défis de la désinformation et aux mutations technologiques, notamment l’intelligence artificielle. Enfin, Hervé Hessou a interpellé le public, l’invitant à un usage responsable de l’information et au développement de l’esprit critique.
Malgré les difficultés, le président de l’UPMB a salué le rôle des médias lors des dernières échéances électorales, rappelant leur place essentielle comme « quatrième pouvoir ». Mais dans un contexte de recul du Bénin dans le classement de Reporters sans frontières, il appelle à une mobilisation collective pour préserver les fondements démocratiques et restaurer un climat propice à l’exercice du journalisme.
Gildas AHOGNI