Une interview récente de l’ex-chef de la junte guinéenne ravive les tensions autour d’un passé encore douloureux. Son refus d’exprimer des condoléances à l’égard de Toumba Diakité suscite interrogations et malaise.
Le ton était tendu et les mots pesés. Lors d’une interview relayée sur les réseaux, Moussa Dadis Camara a surpris en refusant de commenter la mort de Aboubacar Sidiki Diakité encore appelé Toumba Diakité, ancien aide de camp devenu figure centrale d’un des épisodes les plus sombres de l’histoire récente de la Guinée.
Interrogé sur son silence après la mort de son ancien collaborateur, l’ancien dirigeant a répondu que la mort était um mal commun. « Je dis simplement en toute sincérité que personne n’est à l’abri de la mort », a-t-il déclaré. « J’ai appris qu’il est décédé et je n’ai pas un mot à placer », a-t-il ajouté.
Depuis la mort de Toumba Diakité, survenue le 25 mars 2026 à Conakry suite à une complication médicale grave (hernie étranglée avec péritonite aiguë), Dadis Camara n’a jamais adressé officiellement ses condoléances à sa famille. Au fil de l’échange, Moussa Camara a laissé entrevoir une rancune persistante.
« Un homme qui intenté à ta vie, il n’a pas réussi. Il a dit publiquement qu’il a exécuté mon chef d’opération en plein 21è siècle. », a-t-il rappelé. Ces propos renvoient à la tentative d’assassinat dont il avait été victime en 2009, attribuée à son ancien aide de camp, Toumba Diakité.
La rupture entre Moussa Dadis Camara et Aboubacar Sidiki Diakité trouve son origine dans le Massacre du 28 septembre 2009. Après ce drame, Dadis aurait tenté de faire porter la responsabilité à Toumba. Se sentant trahi et menacé, ce dernier ouvre le feu sur lui le 3 décembre 2009, le blessant grièvement.
Depuis, chacun accuse l’autre d’être le véritable responsable des violences, scellant une rupture irréversible. Même après la mort de Toumba Diakité, la rancune semble persister.
Ce refus de condoléances relance le débat sur la capacité des acteurs politiques guinéens à dépasser les fractures du passé. Alors que certains appellent à la réconciliation nationale, cette sortie médiatique illustre les difficultés à apaiser les mémoires.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU