Une nouvelle vague d’attaques contre des étrangers ravive les tensions en Afrique du Sud. Abuja organise des rapatriements volontaires pour ses ressortissants.
La situation sécuritaire des migrants africains en Afrique du Sud connaît une nouvelle dégradation. Depuis plusieurs semaines, des violences à caractère xénophobe visant notamment des Nigérians se multiplient dans plusieurs grandes villes, dont Johannesburg, Pretoria et Durban, plongeant les communautés étrangères dans un climat de peur.
Selon plusieurs médias internationaux et africains, ces attaques se traduisent par des agressions, des pillages de commerces et des intimidations ciblées contre des entrepreneurs étrangers. Au moins deux Nigérians ont perdu la vie dans des incidents récents liés à cette vague de violences, tandis que de nombreux autres ont été contraints de fermer leurs activités et de se cacher pour éviter les représailles.
Face à l’ampleur de la crise, le gouvernement nigérian a décidé de réagir. Le consulat du Nigeria en Afrique du Sud, en collaboration avec des associations de la diaspora, a mis en place un programme de rapatriement volontaire. Des vols gratuits sont proposés aux ressortissants souhaitant rentrer définitivement au pays. Déjà, plusieurs centaines de personnes se sont inscrites, signe de l’inquiétude grandissante au sein de la communauté
Ces violences s’inscrivent dans un contexte plus large de tensions sociales en Afrique du Sud, où le chômage élevé et les inégalités alimentent un sentiment de rejet envers les étrangers. Des mouvements locaux accusent régulièrement les migrants africains de prendre des emplois ou d’être impliqués dans la criminalité, des accusations largement contestées par les organisations de défense des droits humains.
Les autorités sud-africaines ont condamné ces attaques et promis des mesures fermes contre les auteurs. Le gouvernement a également réaffirmé son engagement à protéger tous les résidents, quelle que soit leur nationalité. Toutefois, des observateurs estiment que ces promesses restent insuffisantes face à la récurrence du phénomène.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU