Instauré le 8 avril 2026 pour une durée de deux semaines, le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran est déjà menacé. Les annonces de blocus et les menaces militaires réciproques compromettent cette fragile trêve.
Le cessez-le-feu conclu le 8 avril 2026 entre les États-Unis et l’Iran, censé ouvrir une fenêtre diplomatique de deux semaines, est aujourd’hui au bord de la rupture. Dimanche 12 avril, les tensions ont brusquement monté après l’annonce par Donald Trump d’un blocus naval du détroit d’Ormuz, une décision immédiatement rejetée par Téhéran.
Washington justifie ce projet de blocage par des raisons à la fois stratégiques et économiques. Selon Donald Trump, il s’agit d’empêcher l’Iran de tirer des revenus de ses exportations pétrolières via ce passage maritime clé. Les autorités américaines accusent Téhéran de continuer à vendre du pétrole — jusqu’à 1,5 million de barils par jour en mars — afin de financer ses activités militaires. Le blocus viserait donc à « assécher » cette source de financement et à renforcer la pression dans les négociations, après l’échec des discussions menées au Pakistan.
Dans ce contexte, le ton américain s’est durci. Le président a annoncé que la marine allait engager « le processus de blocus » de tous les navires transitant par le détroit, tout en menaçant de représailles toute attaque iranienne. Le vice-président J. D. Vance a, de son côté, quitté les pourparlers ce dimanche après plus de vingt heures de discussions infructueuses, illustrant l’impasse diplomatique.
Sur le terrain, la présence militaire s’intensifie avec le déploiement de navires américains, notamment l’USS Michael Murphy et l’USS Frank E. Peterson, positionnés de part et d’autre du détroit. Officiellement engagés dans des opérations de sécurisation, cela traduit la volonté de Washington de contrôler un axe stratégique majeur du commerce mondial où transite 20% du pétrole mondial.
L’Iran qui ne veut pas céder
Face à cette initiative, l’Iran a réagi fermement. Les Gardiens de la Révolution affirment contrôler « entièrement » le trafic dans le détroit d’Ormuz et préviennent que toute incursion ennemie pourrait déclencher un « tourbillon mortel ». Téhéran considère le blocus comme une violation directe du cessez-le-feu et maintient que le passage reste ouvert aux navires civils respectant ses règles. Selon plusieurs sources, l’Iran a imposé un péage qui pourrait s’élever à 2 millions de dollars à certains pétroliers ou cargos commerciaux qui transitent par le détroit d’Ormuz contrôlé depuis février.
La marine iranienne affirme même avoir contraint un navire américain à rebrousser chemin après un échange radio tendu, signe d’un risque croissant d’affrontement direct.
Dans ce climat explosif, la trêve du 8 avril qui devrait prendre fin le 20 avril, apparaît déjà fragilisée, laissant craindre une rupture imminente et une escalade majeure dans le détroit d’Ormuz.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU