Entre menaces répétées et reports d’actions militaires, Donald Trump multiplie les ultimatums à l’encontre de Iran sans toujours passer à l’acte. Une stratégie qui interroge, alors même que des pistes de négociations émergent en parallèle.
Depuis le début du conflit, Donald Trump durcit le ton sans toujours franchir le pas. Le nouvel ultimatum est fixé au mardi soir. La menace n’a pas changé : la réouverture du détroit d’Ormuz sous peine de frappes massives contre les infrastructures stratégiques iraniennes.
Cette posture n’est pas nouvelle. Dès le 21 mars, le président américain avait déjà lancé un ultimatum de 48 heures, menaçant de « détruire » les centrales électriques iraniennes si Téhéran ne cédait pas. Pourtant, quelques jours plus tard, Washington reculait en reportant les frappes annoncées , illustrant un décalage entre les annonces et leur mise en œuvre.
Une crédibilité en question
Cette succession de menaces sans exécution systématique fragilise la posture américaine. Pour certains analystes, elle alimente un doute stratégique. Comme le résume le général François Chauvancy sur LCI, « Il va falloir agir et s’il n’agit pas, il perdra toute crédibilité ».
En effet, les déclarations de Donald Trump oscillent entre fermeté extrême et volonté affichée de mettre fin rapidement au conflit. Fin mars, il affirmait encore pouvoir conclure la guerre « en deux à trois semaines », tout en laissant planer la possibilité d’une sortie rapide sans accord formel.
Dans le même temps, ses propos guerriers se poursuivent, avec des menaces de frappes élargies ou de « conséquences dévastatrices » en cas de refus iranien.
« Mardi, ce sera à la fois la Journée des centrales électriques et la Journée du pont en Iran. Il n’y aura rien de comparable !!! », Donald Trump a écrit sur Truth Social ce dimanche. « Ouvrez ce foutu détroit ou vous vivrez un enfer », a-t-il aussi ordonné.
Le président Trump a même déclaré ce lundi que États-Unis et Israël « ont finalisé une banque de cibles stratégiques à frapper si l’Iran ne répond pas à l’ultimatum »
Paradoxalement, cette escalade verbale coexiste avec des efforts diplomatiques. Un plan de cessez-le-feu, transmis aux deux parties, prévoit un arrêt immédiat des combats suivi de négociations dans un délai de 15 à 20 jours.
Mais Téhéran rejette l’ultimatum et toute négociation sous pression, dénonçant une stratégie américaine basée sur l’intimidation et juge le plan trop « ambitieux ». Téhéran veut plutôt un « arrêt complet » des hostilités selon les médias locaux iraniens.
De son côté, Washington maintient une ligne dure, tout en laissant entendre qu’un accord reste possible.
Entre ultimatums répétés, reports d’actions militaires et ouverture à des discussions, la stratégie de Donald Trump apparaît de plus en plus difficile à lire. Si elle vise à contraindre l’Iran, elle pourrait aussi affaiblir la position américaine en cas d’absence de passage à l’acte.
À mesure que les échéances s’accumulent sans issue claire, la question centrale demeure : la pression américaine mènera-t-elle à un accord, à l’action ou à une perte de crédibilité sur la scène internationale ?
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU