<< Chaque enfant qui nait aujourd’hui au Bénin hérite déjà d’une dette de plus de 500.000 Francs Cfa >>, déclare Daniel Edah, président du mouvement politique NOUS LE FERONS, et une des plus emblématiques figures de l’opposition au régime du président Patrice Talon. Cette déclaration loin d’être anodine ou alarmiste révèle le degré d’endettement du Bénin ces 10 dernières années. Des emprunts obligataires aux eurobonds, le Bénin à accru ses dernières années sa fréquence de prêts qui a fini par multiplier drastiquement sa dette cumulée entre 1990 et 2016.
Au 31 Décembre 2016, avant la prise du pouvoir du président Patrice Talon, la dette publique de Bénin était estimée à 2.101,17 milliards de francs Fca représentant environ 42% du PIB selon Financial Afrik, Cette dette était équitablement répartie entre la dette extérieure (1.050,78 milliards) et celle intérieure (1.050,39 milliards).
Fin 2025, soit 9 ans plus tard, cette dette publique béninoise est estimée à 7 303,2 milliards FCFA soit environ 51,5 % du PIB. De 2016 à 2025, la dette publique béninoise s’est accrue donc de 28,8%. Pendant que le pouvoir d’achat des béninois stagne ou chute par endroit.
A 51,1% du PIB le Bénin est largement en dessous de la norme limite de 70% du PIB exigée dans l’espace Uemoa sauf que la vitesse d’endettement du pays ne concorde aucunement avec les réalités quotidiennes du contribuable qui vit dans la précarité et la faim. << Sur le papier, tout semble aller bien. Mais dans la vie quotidienne des béninois, une autre réalité domine : Le coût de la vie augmente, le pouvoir d’achat reste faible, et l’avenir économique du pays devient de plus en plus dépendant de la dette. >>, se désole
Daniel Edah. Pour lui, la croissance économique dont se vendent les dirigeants béninois ne profite pas aux citoyens. L’économie béninoise grandit, les infrastructures se construisent et des projets ambitieux voient le jour, mais la question essentielle reste posée selon Edah. Et cette question pour lui est de savoir si aujourd’hui, comparativement à hier, avant la rupture, les béninois vivent réellement mieux. Pour l’homme de Dieu, technocrate et politicien, lorsqu’une grande partie des ressources sert à rembourser la dette, la croissance perd une grande partie de son impact sur la vie réelle des citoyens. Plus loin, il prévient que << une croissance financée par la dette peut créer une illusion de prospérité >>.