Trente-six ressortissants africains transférés des États-Unis vers le Cameroun ont saisi la justice pour contester leur situation. Le groupe veut obtenir le droit de rester légalement dans le pays et éviter d’être renvoyé vers ses pays d’origine, où plusieurs d’entre eux disent craindre des persécutions ou des actes de torture.
La plainte a été déposée devant le tribunal administratif de Yaoundé. Les avocats demandent notamment la suspension de l’accord migratoire entre Washington et Yaoundé, la clarification du statut juridique des personnes transférées et l’interdiction de les renvoyer vers des pays où elles pourraient être en danger.
Ces 36 personnes, originaires notamment de la RDC, du Ghana, de l’Angola, de l’Éthiopie, du Kenya, du Sénégal, de la Sierra Leone, du Zimbabwe et du Maroc, ont été envoyées au Cameroun lors de quatre opérations entre janvier et mai 2026. Plusieurs avaient obtenu aux États-Unis une protection judiciaire leur interdisant d’être renvoyées directement dans leur pays d’origine en raison des risques encourus.
Depuis leur arrivée à Yaoundé, elles seraient hébergées dans un centre géré par les autorités camerounaises avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Leur avocat affirme qu’elles sont privées de documents d’identité et vivent avec un statut juridique incertain. L’affaire relance le débat sur la politique américaine d’expulsion de migrants vers des pays tiers et sur le respect du principe de non-refoulement.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU