Des experts de l’ONU, accusent des Boeing 727 d’avoir servi à acheminer mercenaires, armes et drones au profit des Forces de soutien rapide (FSR), au Soudan. Selon le rapport, les avons seraient liées au réseau d’un sous-traitant militaire américain.
Selon un projet de rapport d’un groupe d’experts des Nations unies, consulté par Reuters et dont la publication est attendue en septembre, plusieurs Boeing 727 reliés au réseau d’affaires d’un entrepreneur militaire américain ont servi à transporter des mercenaires, des armes et des drones au profit des RSF. Le document affirme que les enquêteurs de l’ONU ont recueilli des informations concordantes auprès de quatre sources, dont deux témoins à Nyala, principal bastion logistique des RSF au Darfour.
Selon ces éléments, les appareils auraient emprunté un corridor aérien entre N’Djamena, au Tchad, et Nyala, afin d’acheminer des combattants étrangers et du matériel militaire, notamment des drones et des armes. Les experts estiment également que ces avions ont pris des « mesures délibérées pour éviter d’être détectés » en désactivant ou en contournant les systèmes classiques de suivi des vols.
Cette enquête fait suite aux révélations publiées mi-juillet par Reuters, qui avait retracé les mouvements de plusieurs appareils exploités par des sociétés liées à Steven Shaulis, ancien membre des forces spéciales américaines et prestataire de longue date du gouvernement américain. Reuters précise toutefois n’avoir trouvé aucune preuve que Shaulis ou ses entreprises aient été sanctionnés ou officiellement accusés d’avoir violé des lois internationales. L’intéressé n’a pas répondu aux sollicitations de l’agence.
Le rapport onusien met également en lumière l’implication de mercenaires colombiens, recrutés par la société émiratie Global security services group (GSSG). Les experts estiment vrai la présence de 1 500 à 2 000 combattants colombiens ayant participé aux opérations des RSF, notamment lors du siège d’El-Fasher en 2025. Cette offensive s’est soldée par des massacres de civils, des viols et des enlèvements, des crimes que les Nations unies qualifient de génocide au Darfour. Les autorités des Émirats arabes unis contestent toutefois toute implication de GSSG dans des activités de mercenariat au Soudan.
Depuis avril 2023, le Soudan est plongé dans une guerre opposant l’armée du général Abdel Fattah al-Burhan aux RSF dirigées par Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemedti ». Le conflit a provoqué des centaines de milliers de morts selon certaines estimations et entraîné le déplacement de plus de 12 millions de personnes, faisant du Soudan la plus grave crise humanitaire au monde selon l’ONU. Malgré plusieurs initiatives diplomatiques, les combats se poursuivent, notamment au Darfour et au Kordofan, tandis que les accusations de soutien extérieur aux belligérants continuent d’alimenter les tensions régionales.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU