La star sud-africaine Tyla, s’est vue au cœur d’un appel au boycott de son concert prévu en décembre au Nigéria, dans le cadre de sa tournée mondiale. La cause soulevée par les internautes, est la recrudescence des violences xénophobes visant des Nigérians et d’autres ressortissants africains en Afrique du Sud.
La chanteuse sud-africaine Tyla se retrouve malgré elle au cœur d’une polémique au Nigeria. L’annonce de son concert prévu à Lagos le 22 décembre 2026, dans le cadre de sa tournée mondiale « APOP World Tour », a suscité une vague d’appels au boycott sur les réseaux sociaux. Durant la tournée prévue d’octobre à janvier, l’artiste doit se rendre Amérique du Nord, en Europe puis en Afrique.
Sur la plateforme X, plusieurs internautes estiment qu’il serait inapproprié d’accueillir une artiste sud-africaine alors que des migrants nigérians continuent d’être victimes d’agressions. Certains reprochent également à Tyla de ne pas s’être exprimée publiquement sur ces violences. D’autres, en revanche, jugent qu’il ne faut pas confondre une artiste avec les actes commis par des groupes xénophobes, plaidant pour que la musique reste en dehors des différends politiques.
La chanteuse sud-africaine Tyla, est considérée comme l’une des plus grandes stars montantes de la musique africaine. Lauréate de deux Grammy Awards dans la catégorie Best African Music Performance – en 2024 avec Water puis en 2026 avec Push 2 Start –, l’artiste de 24 ans a également marqué les MTV Europe Music Awards, où elle est devenue la première artiste africaine à remporter trois trophées en une seule soirée. Son succès international, renforcé par la sortie récente de son deuxième album APOP et l’annonce de sa première tournée mondiale, fait de Lagos l’une des étapes les plus attendues de son parcours.
Cette controverse intervient dans un contexte diplomatique déjà tendu. Le gouvernement nigérian a récemment demandé à Pretoria de prendre des mesures plus fermes pour protéger les ressortissants étrangers, dénonçant des attaques répétées contre les migrants africains. Abuja affirme avoir déjà évacué 1 490 Nigérians d’Afrique du Sud depuis le début de la récente vague de violences et réclame des poursuites contre les auteurs de ces actes.
Les autorités sud-africaines, de leur côté, condamnent officiellement toute forme de xénophobie. Le ministre des Relations internationales, Ronald Lamola, a assuré que ces violences ne sont pas soutenues par l’État et que les responsables seront poursuivis.
Au-delà du cas de Tyla, cette polémique illustre une nouvelle fois l’impact des tensions diplomatiques entre les deux plus grandes puissances économiques d’Afrique sur les échanges culturels. Alors que certains appellent à un boycott symbolique, d’autres estiment que les artistes ne devraient pas devenir les victimes collatérales d’une crise politique qui dépasse largement le monde du spectacle.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU