Le Ghana poursuit la modernisation de son système éducatif avec un vaste projet de réforme des programmes scolaires. Le nouveau curriculum prévoit notamment l’introduction de l’intelligence artificielle, du codage, de l’électronique et de l’apprentissage du chinois dès le cycle fondamental.
Le gouvernement ghanéen accélère sa réforme de l’éducation afin d’adapter les compétences des élèves aux exigences de l’économie numérique. Le ministère de l’Éducation a reçu cette semaine la version révisée du curriculum de l’enseignement de base, élaborée par le Conseil national des programmes (NaCCA). Le document sera soumis au président John Dramani Mahama, puis au Parlement avant son entrée en vigueur.
La réforme prévoit l’introduction de nouvelles disciplines, dont l’intelligence artificielle (IA), le codage informatique, la pensée computationnelle, la citoyenneté numérique, l’électronique et l’enseignement technique et professionnel (TVET). Le chinois et l’arabe seront également proposés comme langues optionnelles. Ce choix de langues qui n’est pas anodin, est une mesure qui vise à préparer les élèves à un environnement économique de plus en plus mondialisé. Le nouveau programme conserve environ 80 % des contenus existants tout en intégrant les nouvelles compétences du 21è siècle.
Le ministre de l’Éducation, Haruna Iddrisu, a expliqué que cette réforme vise à faire du Ghana un pays mieux préparé aux mutations technologiques. Elle s’inscrit dans la stratégie numérique défendue par le président Mahama, qui avait annoncé en avril que l’intelligence artificielle serait progressivement intégrée à l’ensemble du système éducatif afin de former une nouvelle génération d’innovateurs.
Le Ghana rejoint ainsi un mouvement observé dans plusieurs pays africains. Au Sénégal, le gouvernement a dévoilé en 2025 une Stratégie nationale pour l’intelligence artificielle, qui prévoit l’intégration progressive de l’IA dans la formation, le renforcement des compétences numériques des enseignants et la préparation des jeunes aux nouveaux métiers de l’économie digitale. Le Rwanda développe également depuis plusieurs années des programmes scolaires basés sur le codage et la robotique. Le Kenya de son côté, multiplie les initiatives pour renforcer l’enseignement des sciences, de la programmation et des technologies numériques dans les écoles.
Pour les autorités ghanéennes, cette réforme répond autant à un impératif éducatif qu’économique. L’introduction de l’IA et des langues étrangères comme le chinois vise à améliorer l’employabilité des futurs diplômés et à attirer davantage d’investissements internationaux. Le principal défi restera toutefois la formation des enseignants, l’équipement des établissements et la réduction de la fracture numérique entre les zones urbaines et rurales. Ces conditions demeurent indispensables pour assurer le succès de cette ambitieuse réforme.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU