Paris et Libreville ont signé un premier protocole d’accord consacré à la valorisation du manganèse gabonais. Cet engagement s’inscrit dans la stratégie du président Brice Clotaire Oligui Nguema de transformer localement cette ressource stratégique avant 2029.
Le Gabon et la France ont franchi une nouvelle étape dans leur coopération économique avec la signature, à Paris, d’un protocole d’accord entre l’État gabonais et le groupe minier français Eramet, en présence des présidents Brice Clotaire Oligui Nguema et Emmanuel Macron. L’accord établit une feuille de route destinée à développer la transformation locale du manganèse, principale richesse minière du Gabon. Cette ambition vise à créer davantage de valeur ajoutée et d’emplois sur le territoire.
Le protocole prévoit l’étude de plusieurs projets industriels qui pourraient porter les capacités de transformation du pays à 700 000 tonnes de minerai par an d’ici 2031. En contrepartie, le gouvernement gabonais s’est engagé à améliorer les infrastructures, notamment les chemins de fer et l’approvisionnement en énergie, indispensable au développement de cette industrie.
Cet accord s’inscrit dans la vision défendue par Brice Clotaire Oligui Nguema depuis son arrivée au pouvoir. Lors de son récent entretien avec Christophe Boisbouvier sur RFI, à Libreville, le chef de l’État avait réaffirmé qu’il n’était « plus question d’exporter les matières premières sans les transformer ». Il avait rappelé que l’exportation de manganèse brut sera interdite à partir du 1er janvier 2029, une mesure destinée à favoriser l’industrialisation, la création d’emplois et la montée en compétences de la main-d’œuvre gabonaise.
Deuxième producteur mondial de manganèse, le Gabon fournit une matière première essentielle à la fabrication de l’acier et des batteries destinées à la transition énergétique. Jusqu’à présent, une part importante de ce minerai était exportée à l’état brut, limitant les retombées économiques locales. Avec ce protocole, Libreville espère attirer de nouveaux investissements industriels tout en consolidant son partenariat avec Eramet, déjà présent à travers sa filiale Comilog.
Pour les autorités gabonaises, cet accord constitue ainsi un premier jalon vers une politique de souveraineté économique fondée sur la transformation locale des ressources naturelles plutôt que sur leur simple exportation. La société française, elle reste prête à accéder à la vision du gouvernement gabonais dans le respect des engagements communs.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU