Après plus d’un an de crise diplomatique, Bamako et Alger ont amorcé un rapprochement en rétablissant leurs ambassadeurs et en rouvrant leurs espaces aériens. Derrière ce dégel, plusieurs dossiers sensibles demeurent toutefois sans solution.
Le Mali et l’Algérie poursuivent la normalisation de leurs relations diplomatiques. Lundi 20 juillet, le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a reçu à Bamako l’ambassadeur d’Algérie, Kamal Retieb, quelques jours après le retour des représentants diplomatiques des deux pays et la réouverture réciproque de leurs espaces aériens, fermés depuis avril 2025. Cette reprise du dialogue marque une étape importante après quinze mois de tensions entre les deux voisins sahéliens.
La crise avait éclaté après la destruction par l’armée algérienne d’un drone militaire malien près de la frontière commune. Alger affirmait que l’appareil avait violé son espace aérien, tandis que Bamako soutenait qu’il évoluait sur son territoire. L’incident avait entraîné le rappel des ambassadeurs, la fermeture des espaces aériens et une vive dégradation des relations bilatérales.
Au-delà du rétablissement des canaux diplomatiques, plusieurs dossiers demeurent toutefois sans réponse. Le statut de l’imam Mahmoud Dicko, installé en Algérie depuis plusieurs mois et critique envers les autorités de transition maliennes, n’a fait l’objet d’aucune annonce officielle. De même, la procédure engagée par Bamako devant la Cour internationale de Justice après la destruction du drone reste en suspens. Alger n’ayant pas reconnu la compétence de la juridiction.
Les divergences persistent également sur les questions sécuritaires. Le Mali continue d’accuser l’Algérie d’entretenir des liens avec certains groupes armés actifs dans le nord du pays. Des accusations rejetées par Alger, qui défend une approche fondée sur le dialogue politique. Ces tensions interviennent alors que les combats se poursuivent autour d’Anéfis entre les Forces armées maliennes (FAMa), appuyées par l’Africa Corps russe, et les groupes du Front de libération de l’Azawad (FLA) ainsi que des combattants affiliés au JNIM.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU