Paris hausse le ton contre Moscou après avoir attribué à une unité d’élite du renseignement russe une vaste campagne de cyberespionnage visant plusieurs institutions françaises. Des sanctions ciblées ont été annoncées tandis que l’ambassadeur de Russie sera convoqué dans les prochains jours.
La France a annoncé, lundi 13 juillet, une série de sanctions contre neuf individus et quatre entités russes accusés d’avoir participé à des opérations de cyberespionnage orchestrées par le Service fédéral de sécurité (FSB), le renseignement intérieur russe. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a également indiqué que l’ambassadeur de Russie à Paris serait convoqué afin de protester contre ces activités jugées hostiles.
Selon les autorités françaises, les attaques sont attribuées au groupe » Turla « , une unité rattachée au 16ᵉ Centre du FSB. Cette unité est considérée comme l’une des plus sophistiquées du renseignement russe en matière de cyberespionnage. Active depuis au moins 2004 à l’échelle internationale, cette unité est accusée d’avoir infiltré les messageries du ministère français des Armées dès 2017, le réseau diplomatique de l’ambassade de France à Moscou en 2018, ainsi qu’un institut de recherche travaillant sur des technologies sensibles pour l’industrie de défense. Les investigations font état d’une importante exfiltration de données confidentielles.
Cette décision intervient dans un contexte de tensions persistantes entre la Russie et les pays occidentaux depuis le début de la guerre en Ukraine. Le même jour, l’Union européenne et le Royaume-Uni ont également adopté de nouvelles sanctions dont, entre autres, le gel des avoirs et des restrictions de voyage contre 24 responsables et entités russes, impliqués dans des opérations de cyberespionnage et de sabotage visant des infrastructures critiques en Europe. Paris affirme ainsi sa volonté de renforcer la protection de ses institutions stratégiques face à des menaces numériques de plus en plus sophistiquées.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU