L’Union européenne a fermement condamné la décision du Burkina Faso de déclarer « persona non grata » deux diplomates de sa délégation à Ouagadougou. Elle a annoncé la convocation de l’ambassadeur du Burkina Faso et promet des mesures de rétorsion après l’expulsion de deux de ses diplomates.
Les tensions diplomatiques entre Ouagadougou et Bruxelles franchissent un nouveau palier. Dans une publication sur le réseau social X, Bruxelles a dénoncé une mesure « injustifiée », annoncé la convocation de l’ambassadeur burkinabè auprès de l’UE et prévenu que des mesures de réponse seraient prises dans les prochains jours.
Les deux responsables concernés, le chef adjoint de la délégation de l’UE et un chargé de programme, disposent de trois jours pour quitter le territoire burkinabè. Les autorités de Ouagadougou n’ont fourni aucune explication officielle à cette décision.
Cette nouvelle crise intervient dans un contexte de relations déjà glaciales. Le 22 juin, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré, avait convoqué le chef de la délégation de l’UE pour protester contre une résolution du Parlement européen critiquant la situation des droits humains au Burkina Faso, jugée comme une ingérence dans les affaires intérieures du pays.
Depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré en 2022, le Burkina Faso s’est progressivement éloigné de plusieurs partenaires occidentaux, tout en renforçant ses liens avec la Russie et les autres membres de l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette nouvelle passe d’armes diplomatique pourrait accentuer davantage le refroidissement des relations entre Ouagadougou et Bruxelles.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU